mardi 16 septembre 2008

Vives émotions routières

Ça n'a pas été super bien ces derniers temps. Hier, mon collègue m'a souhaité d'être prudente à vélo, arrivée ici (http://www.google.ca/maps?ie=UTF8&ll=46.737147,-71.293802&spn=0.003412,0.006781&t=h&z=17), une intersection très traître et sableuse pour les cyclistes et les piétons qui doivent attendre une minute avant que les feux soient en leur faveur, j'allais traverser lorsque l'auto que je croyais en train de ralentir a freiné si brusquement qu'elle a dérapé, produisant de la fumée, un crissement, des marques sur la chaussée, et j'en suis sûre, une bonne leçon pour l'automobiliste de s'immobiliser à un feu rouge.

Ce matin, je me suis réveillée à l'heure de partir. J'ai pris mon temps afin de me préparer, puis me suis lancée. J'ai pris la piste cyclable comme à l'habitude, et j'ai commencé à dévaler la pente de la route du Pont à St-Nicolas. Une voiture a brusquement tourné à droite sans signaler. Comme j'allais à la même vitesse qu'elle, si la conductrice n'a pas fait son angle mort, elle ne m'aura jamais vue. J'ai crié, mon vélo a heurté l'auto avant que j'aie eu le temps de freiner, malgré mes clips j'ai piqué une plonge en pensant à mettre mon bras pour éviter à ma tête de prendre le choc. Une fois par terre, j'ai crié encore, puis je me suis mise à pleurer nerveusement, avec de la difficulté à respirer et pleurer à la fois. Je me suis dit que c'était ça l'état de choc, être si centrée sur soi, si traumatisée par le fait qu'on avait échappé à la mort, qu'on ignorait tout autour de soi. La conductrice répétait qu'elle avait regardé dans son miroir, elle tentait de me parler. Un médecin témoin a réussi à me faire parler en premier. La première bêtise que j'ai lancé à l'automobiliste, c'est que c'était une ligne pleine, repensant plus tard à la piste cyclable, l'angle mort et le clignotant. Le médecin a vérifié que j'allais bien en faisant les palpations d'usage. Une autre témoin est partie parce qu'elle avait rendez-vous chez le médecin, mais il y avait une affiche signalant un bébé et elle a laissé son nom et no de tel à la conductrice. Une auto de premiers répondants est arrivée, et ils m'ont reposé les mêmes questions (nom, adresse, âge, mal où) que le médecin et mis un collet cervical. Pendant tout ce temps, j'étais assise en indien devant l'auto, en bordure de la route. Les ambulanciers m'ont aidé à me lever, puis je suis montée dans l'ambulance pour qu'on prenne ma pression ainsi qu'un truc obscur de taux de je-ne-sais-quoi dans le sang avec un gant de doigt. Ensuite, on m'a demandé si je voulais aller à l'hôpital. J'ai refusé, songeant à ce qu'il adviendrait de mon vélo et de mon sac, et à ma journée de travail. Au moment de signer la décharge, j'ai failli changer d'avis pour qu'on soigne mon quasi-choc nerveux. Mais l'incertitude de l'hôpital auquel on m'aurait amené a renforcé mon refus. Après, je suis allée voir le policier, qui m'a demandé adresse, permis et type de vélo, et de vérifier si mon vélo était endommagé, ce qui n'était pas le cas, mais mon casque est à changer. De plus, il m'a remis un numéro de la SAAQ qui me sera utile auprès des assurances (Lesquelles? Je ne suis plus couverte par rien). Une passagère de l'automobile tentait de me parler, mais je ne voulais rien savoir, pleine de ressentiments contre la jeune conductrice. Je suis repartie à vélo.

Pendant l'aller, j'ai été plus prudente qu'à l'habitude (quoique je respecte habituellement le Code de la route presque à la lettre). J'ai failli éclater en sanglots à plusieurs reprises, mais de voir une locomotive circuler seule en sens contraire m'a fait penser à mon père et remonté le moral. Je me suis fait bien d'autres réflexions que j'aurais aimé partager, comme le fait que je ne me sois pas rendue compte des arrivées de quatre véhicules d'urgence, mais que je me suis sentie coupable des émissions de gaz à effet de serre produits par leur marche au ralenti, ou encore la constatation qu'un événement comme celui-ci est le quotidien de ces intervenants.

Finalement, si les autobus de Québec changent de voie pour dépasser un cycliste, les automobilistes collent généralement trop à droite. Pour les dépasser, je dois toujours me faire un chemin, un pied sur la chaîne de trottoir, entre celle-ci et les miroirs des véhicules, m'assurant que le feu de circulation est rouge et que les conducteurs me voient.

En résumé, rester en forme et éviter la pollution en se déplaçant à vélo comporte des risques. Mais maudit que c'est bon de vivre une fois qu'on a réalisé que la vie ne tenait qu'à un fil!

1 commentaire:

Claude Gelinas a dit...

Toute une expérience dont tu te serais bien passé!

Ce type d'accident arrive continuellement et une division plus claire de la route entre les automobilistes et les modes de transport alternatifs (dont les vélos) serait fort utile.

En ce qui a trait aux gaz à effet de serre, il faut que tu arrêtes de t'en faire avec le carbone parce que ce gaz, en particulier, se trouve à être l'oxygène des arbres alors ce n'est pas là que le drame se joue.

Je te souhaite un prompt rétablissement!