En deuil de mon oncle, dont le cœur a flanché jeudi parce qu'il a dépassé ses limites...
En deuil de Lac-Mégantic... De mon père, qui aurait été au feu à Lac-Mégantic, qui aurait fait partie des experts d'Ultramar, qui aurait utilisé la mousse pour éteindre les wagons en flamme, qui m'aurait aidé à comprendre les mécanismes cette tragédie, qui m'aurait dit d'éteindre ma radio, de fermer le journal... En deuil de tout son savoir que je cherche à m'approprier...
En deuil de mon père, encore, parce que mon oncle est mort et l'histoire se répète, il laisse dans le deuil ma tante, mes cousines, au même âge que ma mère, ma soeur et moi avions lorsque mon père est mort!
Qu'est-ce que j'ai à apprendre de cette histoire qui se répète? Que les hommes sont fragiles, avec leur patte de X en moins, qu'il faut les chérir tandis qu'ils sont en vie?
En deuil de mon innocence perdue lors du début de mon bacc à McGill, qui m'a ouvert les yeux sur une situation environnementale planétaire désastreuse! En deuil de ma prudence scientifique, qui me disait de ne pas lier les aléas météorologiques aux changements climatiques (inondations en Alberta, Toronto, et pis quoi encore?). En deuil d'un climat préanthropocène...
En deuil de ma rivière Chaudière la brune, qui a allumé la flamme environnementaliste en moi et qui voit ses eaux se teinter de notre avarice pour l'énergie fossile.
En deuil de mon sommeil depuis une semaine.
En deuil de la tranquillité d'esprit, de la porte étanche de mon cœur, de cette confortable situation où j'étais attirée brièvement par tous les hommes que je rencontrais, où la tête prenait le dessus, disait « TA YEULE » à mon cœur qui aussitôt se refermait à double tour, de la libido inexistante, engluée, contrôlée par les hormones contraceptives, de la hantise d'avoir un enfant...
Comment aimer, en se sachant imparfaite, en étant cruellement consciente de l'impermanence de la vie, comment laisser son instinct de reproduction dominer, alors que la tête sait l'avenir qui attend cet enfant même pas conçu encore?
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mercredi 10 juillet 2013
samedi 18 février 2012
Cap vers l'Est!
Une histoire de transport, d'argent, d 'urbanisme et de bouffe. Un séjour dans la tête de l'auteure.
Aujourd'hui, je prévoyais aller à la course de canots à glace à l'ile Saint-Quentin vers midi. J'ai donc mis un pique-nique dans ma bourse et suis partie en direction du Super C du Boulevard Saint-Maurice, pour y prendre la navette. C'était la première fois que je montais dans un autobus de la Société de transport de Trois-Rivières (STTR) depuis que je suis installée dans cette ville, à la mi-décembre. Je me disais que c'est vraiment une bonne pub pour la STTR de s'afficher avec un événement en réduisant la circulation.
Arrivée à destination, je descends de l'autobus et marche vers l'île, en talonnant un couple qui se retourne en alternance pour juger de mon caractère inoffensif. Je me rends compte que j'ai oublié mon gant brun dans l'autobus. Je vois des sortes de guérites, et je me dis que c'est sans doute payant. Fidèle à mon habitude, je n'ai pas d'argent sur moi. Je demande alors s'il y a Interac. Non? Je rebrousse chemin. Un monsieur qui était venu dans le même autobus, mais marchait plus lentement, me croise et me demande si je m'en vais déjà. Je réponds que je ne savais pas que c'était payant (la publicité n'en disait rien, d'ailleurs; j'imagine qu'il faut être de la place pour savoir qu'on ne peut pas mettre un pied sur l'île à moins de payer...). Je suis déçue, les larmes me montent aux yeux (ç'aurait été le premier événement public auquel j'aurais participé à 3R), mais j'enclenche le plan B; aller faire un tour chez Panier santé, à Cap-de-la-Madeleine.
Je retourne vers le terminus d'autobus, où le chauffeur s'en allant au Cap me laisse gentiment monter, malgré qu'il ne dessert pas cette direction-là avant 16h. Je lui explique que j'ai perdu mon gant et que je vais aller voir dans l'autre autobus qui arrive du Super C si il y est. Ce n'est pas le cas, je remonte et il vérifie avec son autre collègue, sans succès. Il accepte de me laisser descendre sur Notre-Dame Est et m'indique le prochain autobus à prendre. Excellent service à la clientèle. J'appellerai à la STTR lundi, des fois qu'ils auraient retrouvé mon gant (j'y tiens).
Je fais fi des instructions du chauffeur d'autobus et je me mets à marcher vers ma destination (j'ai calculé 47 min de marche de chez moi à Panier santé). J'observe maintenant l'île de la Potherie/Caron de l'autre côté, et je me dis qu'il me semble risqué pour une entreprise (Kruger Wagayamack) de s'établir sur une île... C'est sûr qu'avec la drave, c'était logique de s'établir là où les billots arrivaient, mais s'il y a une inondation, il n'y a que deux ponts qui relient l'île à autre chose, l'un est ferroviaire et la relie à Cap-de-la-Madeleine, et l'autre routier et la relie... à l'île Saint-Christophe! Après vérification, je me rends compte qu'il y a tous ces ouvrages-là sur la "rivière" Saint-Maurice et que les marées régulières sont de 1 à 1,4 mètres (celle de l'équinoxe d'automne montera à 1,7 m). Rien à craindre au niveau de l'eau, mais en cas d'évacuation de l'usine, j'espère que leur plan de mesure d'urgence est bon, car si chaque travailleur prend son char, ça ne sera pas long qu'il y aura des bouchons de circulation!
En marchant, je me dis que Cap-de-la-Madeleine, avec ses maisons en déclin, a l'air plus pauvre encore que l'un des premiers quartiers que j'habite, Sainte-Cécile. Au moins, ce dernier transpire l'absence de plan d'urbanisme, car il est plein de maisons bigarrées (à commencer par mon château) qui rappellent tour à tour le Vieux Québec, le Plateau Mont-Royal et Montréal-Est.
Parlant d'urbanisme, Cap-de-la-Madeleine est drôlement faite. J'arrive à l'intersection rue Notre-Dame Est, rue Saint-Jean-Baptiste, rue Rochefort, Côte Rochefort (sic!) et je me trompe de chemin. Je croise une cour de bateau qui m'intrigue. Heureusement, un petit parc sur ma carte me permet de retrouver, et une dame qui a l'air de trouver mon casque d'aviateur bizarre. Des personnes âgées me demandent des directions pour un salon funéraire, et je leur indique la bonne rue et la bonne direction (à mon plus grand étonnement).
Arrivée à Panier santé, je perds la boule. J'oublie les montants de ma facture d'Écomarché.ca, de IGA, de mes licences, de ma contravention, de ma première facture d'Hydro-Québec, et j'achète plein de trucs japonais (wakame, miso, tempeh, edamame). Je n'avais pas apporté de sac par exprès, mais évidemment, ils vendent un superbe sac réemployable.
Je marche sur Saint-Laurent et je croise une usine d'aluminium désaffectée, Aleris. Puis, j'arrive à une autre intersection bizarre, celle de Fusey/138. Je cherche depuis un bout de temps des toilettes publiques (ce qui n'existe pas en Amérique). Le McDo semble inaccessible à pied, parce que je n'arrive pas à traverser les quatre voies du boulevard Fusey (pas d'insection ni de passage piétonnier). Je m'arrête chez La petite meunière, une boutique d'aliments naturels, et m'interroge: pourquoi y a-t-il une si grande concentration de boutiques d'alimentation naturelle au Cap-de-la-Madeleine, alors que tout a l'air tellement pauvre? Sans doute parce que les loyers sont moins cher, ou parce que je n'ai pas encore vu la vrai banlieue de Trois-Rivières qui se déplace en char pour acheter sa bouffe selon ses préférences, peu importe où elle se trouve. Pour ma part, Panier santé est plus grand, mais plus loin et ferme à 20h30 le jeudi, tandis que La petite meunière est moins grande, plus près et ferme à 21h le jeudi. Dilemme pour la prochaine commande?
J'entre dans une boulangerie, et les prix sont beaucoup moins élevés que chez Nys (ma soeur pâtissière m'a dit que le pâté de saumon était sans doute aussi cher que ça parce qu'ils utiliseraient du saumon frais plutôt qu'en canne). Cependant, la dame n'accepte pas Interac (deux fois dans une journée!). Je ressors avec la ferme intention de retirer de l'argent à la banque, mais je n'arrive toujours pas à traverser Fusey. Je m'éloigne. Finalement, ma planche de salut, Café glacé au terminus Fusey/Duplessis où je trouve des caissières sympathiques, un carré aux dattes qui répond à mes attentes, de la bonne musique (Mika et Lana del Rey), du mobilier neuf et UNE GRANDE SALLE DE BAIN PROPRE au grand bonheur de ma vessie.
Poursuite du périple en direction du pont Duplessis, que je redoute en tant que piétonne. J'ai bien raison de le redouter; des cyclistes d'hiver empruntent le petit trottoir mal déneigé (comme à peu près tous les trottoirs du centre-ville à l'exception des zones commerciales) à contresens, et il est très désagréable de côtoyer des voitures de si près. Sur l'île Saint-Christophe, je me rends compte que Défense Canada s'y trouve... Une autre qui n'a pas peur de l'eau!
Finalement, je pénètre dans l'antre de la baleine bleue (la forme des lampadaires rappelle cela) que forme la deuxième partie du pont Duplessis, me rendant compte qu'un côté a un garde-fou pour protéger les piétons des autos, mais pas l'autre.
Aujourd'hui, je prévoyais aller à la course de canots à glace à l'ile Saint-Quentin vers midi. J'ai donc mis un pique-nique dans ma bourse et suis partie en direction du Super C du Boulevard Saint-Maurice, pour y prendre la navette. C'était la première fois que je montais dans un autobus de la Société de transport de Trois-Rivières (STTR) depuis que je suis installée dans cette ville, à la mi-décembre. Je me disais que c'est vraiment une bonne pub pour la STTR de s'afficher avec un événement en réduisant la circulation.
Arrivée à destination, je descends de l'autobus et marche vers l'île, en talonnant un couple qui se retourne en alternance pour juger de mon caractère inoffensif. Je me rends compte que j'ai oublié mon gant brun dans l'autobus. Je vois des sortes de guérites, et je me dis que c'est sans doute payant. Fidèle à mon habitude, je n'ai pas d'argent sur moi. Je demande alors s'il y a Interac. Non? Je rebrousse chemin. Un monsieur qui était venu dans le même autobus, mais marchait plus lentement, me croise et me demande si je m'en vais déjà. Je réponds que je ne savais pas que c'était payant (la publicité n'en disait rien, d'ailleurs; j'imagine qu'il faut être de la place pour savoir qu'on ne peut pas mettre un pied sur l'île à moins de payer...). Je suis déçue, les larmes me montent aux yeux (ç'aurait été le premier événement public auquel j'aurais participé à 3R), mais j'enclenche le plan B; aller faire un tour chez Panier santé, à Cap-de-la-Madeleine.
Je retourne vers le terminus d'autobus, où le chauffeur s'en allant au Cap me laisse gentiment monter, malgré qu'il ne dessert pas cette direction-là avant 16h. Je lui explique que j'ai perdu mon gant et que je vais aller voir dans l'autre autobus qui arrive du Super C si il y est. Ce n'est pas le cas, je remonte et il vérifie avec son autre collègue, sans succès. Il accepte de me laisser descendre sur Notre-Dame Est et m'indique le prochain autobus à prendre. Excellent service à la clientèle. J'appellerai à la STTR lundi, des fois qu'ils auraient retrouvé mon gant (j'y tiens).
Je fais fi des instructions du chauffeur d'autobus et je me mets à marcher vers ma destination (j'ai calculé 47 min de marche de chez moi à Panier santé). J'observe maintenant l'île de la Potherie/Caron de l'autre côté, et je me dis qu'il me semble risqué pour une entreprise (Kruger Wagayamack) de s'établir sur une île... C'est sûr qu'avec la drave, c'était logique de s'établir là où les billots arrivaient, mais s'il y a une inondation, il n'y a que deux ponts qui relient l'île à autre chose, l'un est ferroviaire et la relie à Cap-de-la-Madeleine, et l'autre routier et la relie... à l'île Saint-Christophe! Après vérification, je me rends compte qu'il y a tous ces ouvrages-là sur la "rivière" Saint-Maurice et que les marées régulières sont de 1 à 1,4 mètres (celle de l'équinoxe d'automne montera à 1,7 m). Rien à craindre au niveau de l'eau, mais en cas d'évacuation de l'usine, j'espère que leur plan de mesure d'urgence est bon, car si chaque travailleur prend son char, ça ne sera pas long qu'il y aura des bouchons de circulation!
En marchant, je me dis que Cap-de-la-Madeleine, avec ses maisons en déclin, a l'air plus pauvre encore que l'un des premiers quartiers que j'habite, Sainte-Cécile. Au moins, ce dernier transpire l'absence de plan d'urbanisme, car il est plein de maisons bigarrées (à commencer par mon château) qui rappellent tour à tour le Vieux Québec, le Plateau Mont-Royal et Montréal-Est.
Parlant d'urbanisme, Cap-de-la-Madeleine est drôlement faite. J'arrive à l'intersection rue Notre-Dame Est, rue Saint-Jean-Baptiste, rue Rochefort, Côte Rochefort (sic!) et je me trompe de chemin. Je croise une cour de bateau qui m'intrigue. Heureusement, un petit parc sur ma carte me permet de retrouver, et une dame qui a l'air de trouver mon casque d'aviateur bizarre. Des personnes âgées me demandent des directions pour un salon funéraire, et je leur indique la bonne rue et la bonne direction (à mon plus grand étonnement).
Arrivée à Panier santé, je perds la boule. J'oublie les montants de ma facture d'Écomarché.ca, de IGA, de mes licences, de ma contravention, de ma première facture d'Hydro-Québec, et j'achète plein de trucs japonais (wakame, miso, tempeh, edamame). Je n'avais pas apporté de sac par exprès, mais évidemment, ils vendent un superbe sac réemployable.
Je marche sur Saint-Laurent et je croise une usine d'aluminium désaffectée, Aleris. Puis, j'arrive à une autre intersection bizarre, celle de Fusey/138. Je cherche depuis un bout de temps des toilettes publiques (ce qui n'existe pas en Amérique). Le McDo semble inaccessible à pied, parce que je n'arrive pas à traverser les quatre voies du boulevard Fusey (pas d'insection ni de passage piétonnier). Je m'arrête chez La petite meunière, une boutique d'aliments naturels, et m'interroge: pourquoi y a-t-il une si grande concentration de boutiques d'alimentation naturelle au Cap-de-la-Madeleine, alors que tout a l'air tellement pauvre? Sans doute parce que les loyers sont moins cher, ou parce que je n'ai pas encore vu la vrai banlieue de Trois-Rivières qui se déplace en char pour acheter sa bouffe selon ses préférences, peu importe où elle se trouve. Pour ma part, Panier santé est plus grand, mais plus loin et ferme à 20h30 le jeudi, tandis que La petite meunière est moins grande, plus près et ferme à 21h le jeudi. Dilemme pour la prochaine commande?
J'entre dans une boulangerie, et les prix sont beaucoup moins élevés que chez Nys (ma soeur pâtissière m'a dit que le pâté de saumon était sans doute aussi cher que ça parce qu'ils utiliseraient du saumon frais plutôt qu'en canne). Cependant, la dame n'accepte pas Interac (deux fois dans une journée!). Je ressors avec la ferme intention de retirer de l'argent à la banque, mais je n'arrive toujours pas à traverser Fusey. Je m'éloigne. Finalement, ma planche de salut, Café glacé au terminus Fusey/Duplessis où je trouve des caissières sympathiques, un carré aux dattes qui répond à mes attentes, de la bonne musique (Mika et Lana del Rey), du mobilier neuf et UNE GRANDE SALLE DE BAIN PROPRE au grand bonheur de ma vessie.
Poursuite du périple en direction du pont Duplessis, que je redoute en tant que piétonne. J'ai bien raison de le redouter; des cyclistes d'hiver empruntent le petit trottoir mal déneigé (comme à peu près tous les trottoirs du centre-ville à l'exception des zones commerciales) à contresens, et il est très désagréable de côtoyer des voitures de si près. Sur l'île Saint-Christophe, je me rends compte que Défense Canada s'y trouve... Une autre qui n'a pas peur de l'eau!
Finalement, je pénètre dans l'antre de la baleine bleue (la forme des lampadaires rappelle cela) que forme la deuxième partie du pont Duplessis, me rendant compte qu'un côté a un garde-fou pour protéger les piétons des autos, mais pas l'autre.
dimanche 19 juin 2011
La vie au nord du 49e parallèle: le transport
Déjà un mois et quelques jours que je suis arrivée... La première question, c'est souvent « Pis, comment tu trouves-ça, Baie-Comeau »? Ma réponse sera invariablement « C'est bien, j'habite près du centre-ville du secteur ouest, je peux aller au travail à vélo, je suis sur le bord du fleuve en trente minutes de marche, le plein air est accessible ». Tout ça est vrai. J'ai réussi à importer mon mode de vie basé sur le transport actif et le végétarisme.
Cependant, la ville, qui a été construite pendant la domination de l'automobile, est assez obésogène. La faible densité donne l'impression que tout est loin, qu'il faut absolument sauter dans son auto pour faire des courses. Moi qui possède une automobile depuis peu, je me rends compte que même si je vais au travail à vélo presque tous les jours (je triche en covoiturant une fois par semaine avec mes collègues qui habitent sur la même rue), lorsque je sors et que je ne peux pas me rendre à ma destination en moins de quinze minutes de marche, c'est l'auto qui est devenue le premier réflexe. Par contre, quand je vois le niveau de mon réservoir baisser à vue d’œil, je réalise tout-à-fait que conduire en ville consomme plus qu'à 90 km/h (pas d'autoroute ici). J'essaie de pallier mes émissions de GES en invitant les gens qui se rendent au même endroit à covoiturer.
Pour ce qui est du végétarisme, c'est une autre paire de manche. À l'extérieur de Montréal, partout au Québec, ç'a toujours été un défi pour les autres d'accepter mes préférences alimentaires. J'ai eu le front de faire cuire du tofu mariné sur le barbecue d'un ami lors d'un party, car je m'assume. Bien sûr, comme je n'ai jamais pu arrêter de manger du poisson (devenir végétarienne quand la mode des sushis commence, c'est pas winner), j'en profite bien ici, et je continue d'en manger au moins une fois par semaine. J'ai aussi fait preuve d'adaptation; sentant un instinct animal surgir en moi grâce à un pâté de cerf réchauffé au travail l'autre jour, j'ai mangé de la viande pour la première fois en près de sept ans. À mon grand étonnement, j'ai aimé la texture et le goût (alors que de croquer dans un sandwich au poulet par mégarde me dégoûte) et je n'ai pas été malade. Depuis que j'avais lu l'article du Voir décrivant le restaurant La Traite de l'hôtel-musée de Wendake, je m'étais dit que si on m'offrait de la viande qu'on avait chassé, je ne refuserais pas.
C'est aussi difficile de bien s'alimenter, car ici, point d'agriculture; à cause de l'éloignement, les aliments coûtent beaucoup plus cher, et la fraîcheur n'est pas toujours au rendez-vous. Par exemple, un poivron vert sera plus pâle, les oignons pourrissent plus vite, les fraises ont fait 700 km pour venir dans mon assiette. Je compte bien m'inscrire à la Coopérative Gaïa (agriculture soutenue par la communauté) pour éviter les distances. Par contre, les poissonneries foisonnent et l'offre suit les marées, le vent.
Toujours sur le thème du transport, les gens n'ont pas la même perception des distances. J'assistais à l'assemblée générale annuelle du Forum jeunesse Côte-Nord, et c'est la que j'ai réalisé que la région administrative s'étend de Tadoussac à Blanc-Sablon, de Baie-Trinité à Schefferville. Faire un petit cinq heure trente (Québec) ou huit heures (Montréal) de route n'a rien là pour bien des gens. Pour l'instant, lorsque je fais de la grand-route, j'ai l'impression de me retrouver dans cet épisode de X-Files où Mulder est pris en otage par un gars qui doit absolument conduire vers l'ouest, sinon il meure. Bref, ça m'use, même si je fais des rencontres fabuleuses grâce à Amigo Express et que j'ai le temps de revisiter ma collection de CD.
Personnellement, travailler à temps plein et à temps partiel sur mon essai est tout un défi. J'ai une impression de déjà vu; il y a trois ans, à Montréal, ça m'a pris tout mon petit change pour rédiger un travail de fin de session durant l'été. J'ai alors essayé de me motiver en faisant du recyclage pendant les événements spéciaux (Grand Prix, Juste pour Rire, Vélirium), en travaillant durant l'élection fédérale partielle. Heureusement, maintenant, la motivation est au rendez-vous, mais je me suis quand même portée volontaire pour la finale de la coupe du monde UCI de paracyclisme. À voir!
Cependant, la ville, qui a été construite pendant la domination de l'automobile, est assez obésogène. La faible densité donne l'impression que tout est loin, qu'il faut absolument sauter dans son auto pour faire des courses. Moi qui possède une automobile depuis peu, je me rends compte que même si je vais au travail à vélo presque tous les jours (je triche en covoiturant une fois par semaine avec mes collègues qui habitent sur la même rue), lorsque je sors et que je ne peux pas me rendre à ma destination en moins de quinze minutes de marche, c'est l'auto qui est devenue le premier réflexe. Par contre, quand je vois le niveau de mon réservoir baisser à vue d’œil, je réalise tout-à-fait que conduire en ville consomme plus qu'à 90 km/h (pas d'autoroute ici). J'essaie de pallier mes émissions de GES en invitant les gens qui se rendent au même endroit à covoiturer.
Pour ce qui est du végétarisme, c'est une autre paire de manche. À l'extérieur de Montréal, partout au Québec, ç'a toujours été un défi pour les autres d'accepter mes préférences alimentaires. J'ai eu le front de faire cuire du tofu mariné sur le barbecue d'un ami lors d'un party, car je m'assume. Bien sûr, comme je n'ai jamais pu arrêter de manger du poisson (devenir végétarienne quand la mode des sushis commence, c'est pas winner), j'en profite bien ici, et je continue d'en manger au moins une fois par semaine. J'ai aussi fait preuve d'adaptation; sentant un instinct animal surgir en moi grâce à un pâté de cerf réchauffé au travail l'autre jour, j'ai mangé de la viande pour la première fois en près de sept ans. À mon grand étonnement, j'ai aimé la texture et le goût (alors que de croquer dans un sandwich au poulet par mégarde me dégoûte) et je n'ai pas été malade. Depuis que j'avais lu l'article du Voir décrivant le restaurant La Traite de l'hôtel-musée de Wendake, je m'étais dit que si on m'offrait de la viande qu'on avait chassé, je ne refuserais pas.
C'est aussi difficile de bien s'alimenter, car ici, point d'agriculture; à cause de l'éloignement, les aliments coûtent beaucoup plus cher, et la fraîcheur n'est pas toujours au rendez-vous. Par exemple, un poivron vert sera plus pâle, les oignons pourrissent plus vite, les fraises ont fait 700 km pour venir dans mon assiette. Je compte bien m'inscrire à la Coopérative Gaïa (agriculture soutenue par la communauté) pour éviter les distances. Par contre, les poissonneries foisonnent et l'offre suit les marées, le vent.
Toujours sur le thème du transport, les gens n'ont pas la même perception des distances. J'assistais à l'assemblée générale annuelle du Forum jeunesse Côte-Nord, et c'est la que j'ai réalisé que la région administrative s'étend de Tadoussac à Blanc-Sablon, de Baie-Trinité à Schefferville. Faire un petit cinq heure trente (Québec) ou huit heures (Montréal) de route n'a rien là pour bien des gens. Pour l'instant, lorsque je fais de la grand-route, j'ai l'impression de me retrouver dans cet épisode de X-Files où Mulder est pris en otage par un gars qui doit absolument conduire vers l'ouest, sinon il meure. Bref, ça m'use, même si je fais des rencontres fabuleuses grâce à Amigo Express et que j'ai le temps de revisiter ma collection de CD.
Personnellement, travailler à temps plein et à temps partiel sur mon essai est tout un défi. J'ai une impression de déjà vu; il y a trois ans, à Montréal, ça m'a pris tout mon petit change pour rédiger un travail de fin de session durant l'été. J'ai alors essayé de me motiver en faisant du recyclage pendant les événements spéciaux (Grand Prix, Juste pour Rire, Vélirium), en travaillant durant l'élection fédérale partielle. Heureusement, maintenant, la motivation est au rendez-vous, mais je me suis quand même portée volontaire pour la finale de la coupe du monde UCI de paracyclisme. À voir!
jeudi 30 septembre 2010
Tranche de vie médiatique post-politique
François Chartier (sommelier de renommée internationale et auteur de Papilles et molécules sur la cuisine moléculaire) a accordé une entrevue à Jackie Czernin de l'émission Breakaway à CBC Radio One mardi 28 septembre 2010. À la suite de l'entrevue, Jackie a annoncé un concours où il fallait soumettre une recette spéciale pour gagner Tastebuds and Molecules, que François Chartier sélectionnerait lui-même la recette gagnante. J'ai aussitôt décroché le téléphone, et une fois la ligne obtenue, j'ai décrit la recette de cari de tofu au fruit de SOS Cuisine.
Ce matin, Jackie Czernin (prononcé en anglais « tchernee») m'a appelée et m'a laissé un message disant que j'avais gagné des billets (?). Je l'ai rappelée, nous avons clarifié mon prix et j'avais plutôt gagné le livre! Nous avons échangé un peu, je lui ai dit combien j'étais contente d'avoir gagné, que c'était la troisième fois que j'entendais parler de ce sommelier spécialiste des accords mets-vins, la première à CBC cet été, la seconde dans le magazine de ViaRail. Elle m'a demandé de lui envoyer la recette et j'en ai profité pour lui remettre mon adresse (pour ne pas avoir à l'épeler en anglais :P). Finalement, elle m'a demandé si je voudrais lui accorder une entrevue. J'ai hésité, insistant sur le fait que la recette n'était pas de moi. Elle m'a suggéré de prendre mon temps et de la rappeler quand je serais prête.
J'ai rappelée Mme Czernin une fois que j'ai imprimé la recette en anglais et souligné les étapes importantes. Je suis tombée sur le répondeur donc je l'ai rappelée un peu plus tard, lui disant que j'étais prête pour l'entrevue. Elle m'a rappelée cinq minutes plus tard.
Dans le « reportage », Jackie m'a présenté avec mon nom, mon âge et la maîtrise en gestion de l'environnement. Elle a d'abord fait jouer un extrait audio de François Chartier qui témoignait des liens moléculaires entre le cari et l'ananas et la banane. Il disait qu'il pouvait presque goûter la recette! Puis elle m'a posé plusieurs questions auxquelles j'ai répondu comme suit. J'ai décrit le fonctionnement du site Web en parlant des onglets (les rabais, manger local, les plans-repas, les menus adaptés à ses préférences). J'ai aussi dit que j'avais pris la résolution d'apprendre à cuisiner en début d'année en faisant 10 soupes différentes durant l'hiver, ce que j'ai réussi, et j'ai appris à aimer cuisiner avec SOS Cuisine. Finalement, j'ai lu les ingrédients et résumé la recette. Elle s'est enquérit de la quantité de crème et c'était combien de calories. Elle me demandait si je me souvenais du moment où je l'avais cuisinée, et je lui disait que c'était pendant une journée chaude cet été. Elle s'est informé de si j'avais apporté à manger à mes collègues étudiants, mais j'ai répondu que j'avais plutôt apporté des desserts à mes collègues de travail cet été. Par contre, j'ai cuisiné cette recette avec ma mère, ma grand-mère et ma sœur, et malgré leur degrés différents d'ouverture envers la nourriture végétarienne, elles ont adoré autant que moi. Pour conclure, elle m'a demandé ce que je faisais du reste de ma journée. J'ai parlé de mon emploi de préposée au biocomposteur, comme quoi je mettrais les restes de tables de l'Université à l'intérieur. Elle a dit qu'elle espérait que la recette n'y aille pas, mais j'ai ajouté que je souhaiterais que les gens finissent leur assiette! Elle a conclu l'entrevue en précisant que Cinzia est l'instigatrice de SOS Cuisine et a ajouté d'autres détails.
J'avais déjà donné quelques entrevues à la radio et à la télévision pour CBC et Radio-Canada concernant la politique canadienne Verte, mais jamais je n'avais eu l'occasion ou le courage de m'écouter moi-même. Aussi, ces entrevues se déroulaient souvent sur le signe de la confrontation, de l'opposition, afin que le ou la journaliste puisse garder son apparence de neutralité.
L'entrevue que nous avons eue est très différente de celle qui a passé à la radio. Mes hésitations ont pour la plupart été toutes coupées, l'ordre des questions n'était pas exactement le même, on a aussi coupé nos disgressions où Jacky me demandait d'où venait mon nom de famille, comment mes parents se sont rencontrés, comment j'avais appris l'anglais et comment je le maintenais, et la conférence à laquelle j'ai assisté ce midi. Bref, ce n'était pas aussi pénible que ça de m'écouter. Comme toujours, j'étais bien consciente que je n'avais pas le mot juste dans ma langue seconde, et lorsque je me suis réécoutée je ne comprenais rien de ce que je disais au début :P. Elle est vraiment une excellente animatrice, avec une voix posée et un charisme qui lui permet de poser calmement ses questions et d'obtenir le meilleur des personnes qu'elle interroge. Ça m'a fait drôle de voir de quoi elle a l'air sur la page Web de Breakaway, et je me faisais la réflexion que j'étais comme une auditrice avant la télé pour ce qui est de la radio :P.
J'ai réécrit à Jacky Czernin pour la remercier, et elle m'a répondu une fois son émission terminée en disant qu'elle ferait la recette ce soir même. Je suis par la suite devenue fan de la page Facebook de l'émission et j'ai ajouté le lien pour la recette. Puis, j'ai écrit à Cinzia de SOS Cuisine pour qu'elle puisse ajouter la « plogue » à sa revue de presse.
Entre temps, j'avais commencé à écouter l'émission dès 16h et j'avais appelé ma mère et ma soeur pour qu'elles partagent les minutes de gloire, ce qu'elles ont pu faire. Mon oncle (le mari de la soeur de ma mère) a écouté l'émission par hasard et a appelé ma mère pour me féliciter pendant que nous skypions sur le sujet :).
Bref, une belle journée.
Ce matin, Jackie Czernin (prononcé en anglais « tchernee») m'a appelée et m'a laissé un message disant que j'avais gagné des billets (?). Je l'ai rappelée, nous avons clarifié mon prix et j'avais plutôt gagné le livre! Nous avons échangé un peu, je lui ai dit combien j'étais contente d'avoir gagné, que c'était la troisième fois que j'entendais parler de ce sommelier spécialiste des accords mets-vins, la première à CBC cet été, la seconde dans le magazine de ViaRail. Elle m'a demandé de lui envoyer la recette et j'en ai profité pour lui remettre mon adresse (pour ne pas avoir à l'épeler en anglais :P). Finalement, elle m'a demandé si je voudrais lui accorder une entrevue. J'ai hésité, insistant sur le fait que la recette n'était pas de moi. Elle m'a suggéré de prendre mon temps et de la rappeler quand je serais prête.
J'ai rappelée Mme Czernin une fois que j'ai imprimé la recette en anglais et souligné les étapes importantes. Je suis tombée sur le répondeur donc je l'ai rappelée un peu plus tard, lui disant que j'étais prête pour l'entrevue. Elle m'a rappelée cinq minutes plus tard.
Dans le « reportage », Jackie m'a présenté avec mon nom, mon âge et la maîtrise en gestion de l'environnement. Elle a d'abord fait jouer un extrait audio de François Chartier qui témoignait des liens moléculaires entre le cari et l'ananas et la banane. Il disait qu'il pouvait presque goûter la recette! Puis elle m'a posé plusieurs questions auxquelles j'ai répondu comme suit. J'ai décrit le fonctionnement du site Web en parlant des onglets (les rabais, manger local, les plans-repas, les menus adaptés à ses préférences). J'ai aussi dit que j'avais pris la résolution d'apprendre à cuisiner en début d'année en faisant 10 soupes différentes durant l'hiver, ce que j'ai réussi, et j'ai appris à aimer cuisiner avec SOS Cuisine. Finalement, j'ai lu les ingrédients et résumé la recette. Elle s'est enquérit de la quantité de crème et c'était combien de calories. Elle me demandait si je me souvenais du moment où je l'avais cuisinée, et je lui disait que c'était pendant une journée chaude cet été. Elle s'est informé de si j'avais apporté à manger à mes collègues étudiants, mais j'ai répondu que j'avais plutôt apporté des desserts à mes collègues de travail cet été. Par contre, j'ai cuisiné cette recette avec ma mère, ma grand-mère et ma sœur, et malgré leur degrés différents d'ouverture envers la nourriture végétarienne, elles ont adoré autant que moi. Pour conclure, elle m'a demandé ce que je faisais du reste de ma journée. J'ai parlé de mon emploi de préposée au biocomposteur, comme quoi je mettrais les restes de tables de l'Université à l'intérieur. Elle a dit qu'elle espérait que la recette n'y aille pas, mais j'ai ajouté que je souhaiterais que les gens finissent leur assiette! Elle a conclu l'entrevue en précisant que Cinzia est l'instigatrice de SOS Cuisine et a ajouté d'autres détails.
J'avais déjà donné quelques entrevues à la radio et à la télévision pour CBC et Radio-Canada concernant la politique canadienne Verte, mais jamais je n'avais eu l'occasion ou le courage de m'écouter moi-même. Aussi, ces entrevues se déroulaient souvent sur le signe de la confrontation, de l'opposition, afin que le ou la journaliste puisse garder son apparence de neutralité.
L'entrevue que nous avons eue est très différente de celle qui a passé à la radio. Mes hésitations ont pour la plupart été toutes coupées, l'ordre des questions n'était pas exactement le même, on a aussi coupé nos disgressions où Jacky me demandait d'où venait mon nom de famille, comment mes parents se sont rencontrés, comment j'avais appris l'anglais et comment je le maintenais, et la conférence à laquelle j'ai assisté ce midi. Bref, ce n'était pas aussi pénible que ça de m'écouter. Comme toujours, j'étais bien consciente que je n'avais pas le mot juste dans ma langue seconde, et lorsque je me suis réécoutée je ne comprenais rien de ce que je disais au début :P. Elle est vraiment une excellente animatrice, avec une voix posée et un charisme qui lui permet de poser calmement ses questions et d'obtenir le meilleur des personnes qu'elle interroge. Ça m'a fait drôle de voir de quoi elle a l'air sur la page Web de Breakaway, et je me faisais la réflexion que j'étais comme une auditrice avant la télé pour ce qui est de la radio :P.
J'ai réécrit à Jacky Czernin pour la remercier, et elle m'a répondu une fois son émission terminée en disant qu'elle ferait la recette ce soir même. Je suis par la suite devenue fan de la page Facebook de l'émission et j'ai ajouté le lien pour la recette. Puis, j'ai écrit à Cinzia de SOS Cuisine pour qu'elle puisse ajouter la « plogue » à sa revue de presse.
Entre temps, j'avais commencé à écouter l'émission dès 16h et j'avais appelé ma mère et ma soeur pour qu'elles partagent les minutes de gloire, ce qu'elles ont pu faire. Mon oncle (le mari de la soeur de ma mère) a écouté l'émission par hasard et a appelé ma mère pour me féliciter pendant que nous skypions sur le sujet :).
Bref, une belle journée.
vendredi 28 novembre 2008
Santé et contraception
Une fois de plus, le système de santé public québécois a failli me faire brailler. Heureusement que mon corps n'est pas en si mauvaise condition!
Voici ce que j'en ai après « eux »:
Voici ce que j'en ai après « eux »:
- mon dossier médical n'est pas informatisé et est disséminé à travers le Québec. Il ne me suis pas où que j'aille (sur une carte à puce, par exemple). De plus, chaque endroit me fait une carte, même aux urgences;
- il y a trop de paperasse à remplir,
- pour recevoir des traitements, il me faut un médecin de famille. Cette dernière se trouve à une place fixe;
- mes chiropraticiens (je déménage souvent!), mon médecin et mon dentiste ne se parlent pas;
- il faut que j'aille d'une clinique à un hôpital pour certains tests (plutôt que tout soit à la même place).
- que les alternatives aux contraceptifs chimiques soient plus disponibles. Les hormones féminines se retrouvent dans l'eau puis dans la nature puisque la plupart des systèmes de traitement des eaux au Québec ne peuvent les éliminer.
- le libre droit de disposer de mon corps comme bon je l'entends. C'est-à-dire me faire ligaturer les Trompes de Fallope, une contraception physique permanente qui a des chances d'échouer.
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