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dimanche 15 juillet 2012

Violence et morbidité

Vêtue de mon uniforme de l'Ambulance St-Jean, j'arrive au Séminaire St-Joseph, une école secondaire privée mixte du quartier Ste-Cécile, samedi 14 juillet (bonne fête les Français), à 8 h. Sous la tente nous parant du soleil se trouve mon collègue, plusieurs arbitres de Chaudière-Ouest (mon patelin d'origine) et le responsable du terrain pour le tournoi de soccer. Sur Laviolette, coin Père-Frédéric, la présence de véhicules de police (Trois-Rivières et Sûreté du Québec), d'un cordon de sécurité, et plus tard d'un immense véhicule motorisé éveille la curiosité des arbitres, qui seront nos informateurs tout au long de l'avant-midi. TVA était là, CKOI aussi. Apparemment, il y aurait prise d'otage d'un homme pis sa blonde/femme, on ne sait pas trop (rétrospectivement on avait tort). Les arbitres vont aux nouvelles, commentent la beauté de la camérawoman de TVA, etc. Vers 11h45, une genre d'explosion retenti (un coup de 12 aux dires des arbitres), suivie d'environ six coups de feu. Première réflexion qui me passe par la tête « Ce sont les premiers coups de feu que j'entends en vrai! » Par la suite « Est-ce que nous sommes en sécurité ici ? » En voyant l'assistance du match foule se diriger vers les journalistes, je pense « Gang de caves qui s'en vont se faire tirer dessus ! ». Je m'interroge si en tant que secouriste et premier répondant, nous devons aller sur place et laisser faire notre assignation présente, mais une ambulance se présente bien vite à l'appel (les policiers sont aussi formés pour administrer les premiers soins, de nos jours). Un arbitre va aux nouvelles, et voit une femme monter dans l'ambulance; sans doute un état de choc. Ce n'est qu'une heure plus tard que nous apprenons la vérité par l'un des arbitres. L'homme qui s'était barricadé aurait tiré en direction des médias et un passant aurait été atteint par des éclats de balle. Comme quoi vaut mieux se mettre à l'abri que de céder à une curiosité morbide.

Pour plus d'info: http://fr.canoe.ca/infos/societe/archives/2012/07/20120714-124802.html

samedi 18 février 2012

Cap vers l'Est!

Une histoire de transport, d'argent, d 'urbanisme et de bouffe. Un séjour dans la tête de l'auteure.

Aujourd'hui, je prévoyais aller à la course de canots à glace à l'ile Saint-Quentin vers midi. J'ai donc mis un pique-nique dans ma bourse et suis partie en direction du Super C du Boulevard Saint-Maurice, pour y prendre la navette. C'était la première fois que je montais dans un autobus de la Société de transport de Trois-Rivières (STTR) depuis que je suis installée dans cette ville, à la mi-décembre. Je me disais que c'est vraiment une bonne pub pour la STTR de s'afficher avec un événement en réduisant la circulation.

Arrivée à destination, je descends de l'autobus et marche vers l'île, en talonnant un couple qui se retourne en alternance pour juger de mon caractère inoffensif. Je me rends compte que j'ai oublié mon gant brun dans l'autobus. Je vois des sortes de guérites, et je me dis que c'est sans doute payant. Fidèle à mon habitude, je n'ai pas d'argent sur moi. Je demande alors s'il y a Interac. Non? Je rebrousse chemin. Un monsieur qui était venu dans le même autobus, mais marchait plus lentement, me croise et me demande si je m'en vais déjà. Je réponds que je ne savais pas que c'était payant (la publicité n'en disait rien, d'ailleurs; j'imagine qu'il faut être de la place pour savoir qu'on ne peut pas mettre un pied sur l'île à moins de payer...). Je suis déçue, les larmes me montent aux yeux (ç'aurait été le premier événement public auquel j'aurais participé à 3R), mais j'enclenche le plan B; aller faire un tour chez Panier santé, à Cap-de-la-Madeleine.

Je retourne vers le terminus d'autobus, où le chauffeur s'en allant au Cap me laisse gentiment monter, malgré qu'il ne dessert pas cette direction-là avant 16h. Je lui explique que j'ai perdu mon gant et que je vais aller voir dans l'autre autobus qui arrive du Super C si il y est. Ce n'est pas le cas, je remonte et il vérifie avec son autre collègue, sans succès. Il accepte de me laisser descendre sur Notre-Dame Est et m'indique le prochain autobus à prendre. Excellent service à la clientèle. J'appellerai à la STTR lundi, des fois qu'ils auraient retrouvé mon gant (j'y tiens).

Je fais fi des instructions du chauffeur d'autobus et je me mets à marcher vers ma destination (j'ai calculé 47 min de marche de chez moi à Panier santé). J'observe maintenant l'île de la Potherie/Caron de l'autre côté, et je me dis qu'il me semble risqué pour une entreprise (Kruger Wagayamack) de s'établir sur une île... C'est sûr qu'avec la drave, c'était logique de s'établir là où les billots arrivaient, mais s'il y a une inondation, il n'y a que deux ponts qui relient l'île à autre chose, l'un est ferroviaire et la relie à Cap-de-la-Madeleine, et l'autre routier et la relie... à l'île Saint-Christophe! Après vérification, je me rends compte qu'il y a tous ces ouvrages-là sur la "rivière" Saint-Maurice et que les marées régulières sont de 1 à 1,4 mètres (celle de l'équinoxe d'automne montera à 1,7 m). Rien à craindre au niveau de l'eau, mais en cas d'évacuation de l'usine, j'espère que leur plan de mesure d'urgence est bon, car si chaque travailleur prend son char, ça ne sera pas long qu'il y aura des bouchons de circulation!

En marchant, je me dis que Cap-de-la-Madeleine, avec ses maisons en déclin, a l'air plus pauvre encore que l'un des premiers quartiers que j'habite, Sainte-Cécile. Au moins, ce dernier transpire l'absence de plan d'urbanisme, car il est plein de maisons bigarrées (à commencer par mon château) qui rappellent tour à tour le Vieux Québec, le Plateau Mont-Royal et Montréal-Est.

Parlant d'urbanisme, Cap-de-la-Madeleine est drôlement faite. J'arrive à l'intersection rue Notre-Dame Est, rue Saint-Jean-Baptiste, rue Rochefort, Côte Rochefort (sic!) et je me trompe de chemin. Je croise une cour de bateau qui m'intrigue. Heureusement, un petit parc sur ma carte me permet de retrouver, et une dame qui a l'air de trouver mon casque d'aviateur bizarre. Des personnes âgées me demandent des directions pour un salon funéraire, et je leur indique la bonne rue et la bonne direction (à mon plus grand étonnement).

Arrivée à Panier santé, je perds la boule. J'oublie les montants de ma facture d'Écomarché.ca, de IGA, de mes licences, de ma contravention, de ma première facture d'Hydro-Québec, et j'achète plein de trucs japonais (wakame, miso, tempeh, edamame). Je n'avais pas apporté de sac par exprès, mais évidemment, ils vendent un superbe sac réemployable.

Je marche sur Saint-Laurent et je croise une usine d'aluminium désaffectée, Aleris. Puis, j'arrive à une autre intersection bizarre, celle de Fusey/138. Je cherche depuis un bout de temps des toilettes publiques (ce qui n'existe pas en Amérique). Le McDo semble inaccessible à pied, parce que je n'arrive pas à traverser les quatre voies du boulevard Fusey (pas d'insection ni de passage piétonnier). Je m'arrête chez La petite meunière, une boutique d'aliments naturels, et m'interroge: pourquoi y a-t-il une si grande concentration de boutiques d'alimentation naturelle au Cap-de-la-Madeleine, alors que tout a l'air tellement pauvre? Sans doute parce que les loyers sont moins cher, ou parce que je n'ai pas encore vu la vrai banlieue de Trois-Rivières qui se déplace en char pour acheter sa bouffe selon ses préférences, peu importe où elle se trouve. Pour ma part, Panier santé est plus grand, mais plus loin et ferme à 20h30 le jeudi, tandis que La petite meunière est moins grande, plus près et ferme à 21h le jeudi. Dilemme pour la prochaine commande?

 J'entre dans une boulangerie, et les prix sont beaucoup moins élevés que chez Nys (ma soeur pâtissière m'a dit que le pâté de saumon était sans doute aussi cher que ça parce qu'ils utiliseraient du saumon frais plutôt qu'en canne). Cependant, la dame n'accepte pas Interac (deux fois dans une journée!). Je ressors avec la ferme intention de retirer de l'argent à la banque, mais je n'arrive toujours pas à traverser Fusey. Je m'éloigne. Finalement, ma planche de salut, Café glacé au terminus Fusey/Duplessis où je trouve des caissières sympathiques, un carré aux dattes qui répond à mes attentes, de la bonne musique (Mika et Lana del Rey), du mobilier neuf et UNE GRANDE SALLE DE BAIN PROPRE au grand bonheur de ma vessie.

Poursuite du périple en direction du pont Duplessis, que je redoute en tant que piétonne. J'ai bien raison de le redouter; des cyclistes d'hiver empruntent le petit trottoir mal déneigé (comme à peu près tous les trottoirs du centre-ville à l'exception des zones commerciales) à contresens, et il est très désagréable de côtoyer des voitures de si près. Sur l'île Saint-Christophe, je me rends compte que Défense Canada s'y trouve... Une autre qui n'a pas peur de l'eau!

Finalement, je pénètre dans l'antre de la baleine bleue (la forme des lampadaires rappelle cela) que forme la deuxième partie du pont Duplessis, me rendant compte qu'un côté a un garde-fou pour protéger les piétons des autos, mais pas l'autre.

dimanche 19 juin 2011

La vie au nord du 49e parallèle: le transport

Déjà un mois et quelques jours que je suis arrivée... La première question, c'est souvent « Pis, comment tu trouves-ça, Baie-Comeau »? Ma réponse sera invariablement « C'est bien, j'habite près du centre-ville du secteur ouest, je peux aller au travail à vélo, je suis sur le bord du fleuve en trente minutes de marche, le plein air est accessible ». Tout ça est vrai. J'ai réussi à importer mon mode de vie basé sur le transport actif et le végétarisme.

Cependant, la ville, qui a été construite pendant la domination de l'automobile, est assez obésogène. La faible densité donne l'impression que tout est loin, qu'il faut absolument sauter dans son auto pour faire des courses. Moi qui possède une automobile depuis peu, je me rends compte que même si je vais au travail à vélo presque tous les jours (je triche en covoiturant une fois par semaine avec mes collègues qui habitent sur la même rue), lorsque je sors et que je ne peux pas me rendre à ma destination en moins de quinze minutes de marche, c'est l'auto qui est devenue le premier réflexe. Par contre, quand je vois le niveau de mon réservoir baisser à vue d’œil, je réalise tout-à-fait que conduire en ville consomme plus qu'à 90 km/h (pas d'autoroute ici). J'essaie de pallier mes émissions de GES en invitant les gens qui se rendent au même endroit à covoiturer.

Pour ce qui est du végétarisme, c'est une autre paire de manche. À l'extérieur de Montréal, partout au Québec, ç'a toujours été un défi pour les autres d'accepter mes préférences alimentaires. J'ai eu le front de faire cuire du tofu mariné sur le barbecue d'un ami lors d'un party, car je m'assume. Bien sûr, comme je n'ai jamais pu arrêter de manger du poisson (devenir végétarienne quand la mode des sushis commence, c'est pas winner), j'en profite bien ici, et je continue d'en manger au moins une fois par semaine. J'ai aussi fait preuve d'adaptation; sentant un instinct animal surgir en moi grâce à un pâté de cerf réchauffé au travail l'autre jour, j'ai mangé de la viande pour la première fois en près de sept ans. À mon grand étonnement, j'ai aimé la texture et le goût (alors que de croquer dans un sandwich au poulet par mégarde me dégoûte) et je n'ai pas été malade. Depuis que j'avais lu l'article du Voir décrivant le restaurant La Traite de l'hôtel-musée de Wendake, je m'étais dit que si on m'offrait de la viande qu'on avait chassé, je ne refuserais pas.

C'est aussi difficile de bien s'alimenter, car ici, point d'agriculture; à cause de l'éloignement, les aliments coûtent beaucoup plus cher, et la fraîcheur n'est pas toujours au rendez-vous. Par exemple, un poivron vert sera plus pâle, les oignons pourrissent plus vite, les fraises ont fait 700 km pour venir dans mon assiette. Je compte bien m'inscrire à la Coopérative Gaïa (agriculture soutenue par la communauté) pour éviter les distances. Par contre, les poissonneries foisonnent et l'offre suit les marées, le vent.

Toujours sur le thème du transport, les gens n'ont pas la même perception des distances. J'assistais à l'assemblée générale annuelle du Forum jeunesse Côte-Nord, et c'est la que j'ai réalisé que la région administrative s'étend de Tadoussac à Blanc-Sablon, de Baie-Trinité à Schefferville. Faire un petit cinq heure trente (Québec) ou huit heures (Montréal) de route n'a rien là pour bien des gens. Pour l'instant, lorsque je fais de la grand-route, j'ai l'impression de me retrouver dans cet épisode de X-Files où Mulder est pris en otage par un gars qui doit absolument conduire vers l'ouest, sinon il meure. Bref, ça m'use, même si je fais des rencontres fabuleuses grâce à Amigo Express et que j'ai le temps de revisiter ma collection de CD.

Personnellement, travailler à temps plein et à temps partiel sur mon essai est tout un défi. J'ai une impression de déjà vu; il y a trois ans, à Montréal, ça m'a pris tout mon petit change pour rédiger un travail de fin de session durant l'été. J'ai alors essayé de me motiver en faisant du recyclage pendant les événements spéciaux (Grand Prix, Juste pour Rire, Vélirium), en travaillant durant l'élection fédérale partielle. Heureusement, maintenant, la motivation est au rendez-vous, mais je me suis quand même portée volontaire pour la finale de la coupe du monde UCI de paracyclisme. À voir!

dimanche 5 septembre 2010

Vendanges de Magog-Orford à vélo

L'endorphine coule à flot tandis que j'écris ce billet...

Je reviens d'une excursion de cyclo-agro-tourisme comme je les aime (voir billet précédent sur mon voyage Québec-Rivière-du-Loup-Tadoussac-Saguenay). En bonne vivante que je suis, j'ai ajouté les Vendanges de Magog-Orford à la longue liste d'activités prévues pour meubler le « long week-end » de la Fête du travail.

Je suis donc partie de chez moi vers 10h, pensant que les 25 kilomètres séparant Sherbrooke de Magog ne prendraient qu'une heure et quelques à pédaler. J'hésitais entre prendre la 112 pentue et urbanisée et la piste cyclable boisée, mais la paresse et l'évitement de stress ont eu raison de moi et j'ai opté pour cette dernière. J'ai refais pour une Xe fois le tronçon familier menant à North Hatley, l'interrompant à Deauville. J'étais seule sur la route à l'aller. Je me suis ensuite engagée sur l'Axe de la Magog.

Ce trajet est plutôt imprévisible, car il comporte de tout: des accotements asphaltés, des détours inutiles par des petites rues, de bonnes portions de poussière de pierre, du sable, des gros caillous. Une fois passé Deauville, onze kilomètres de pur bonheur m'attendaient sous la forme de chemins de campagne. J'ai cependant eu la désagréable surprise de constater que la 112 avait l'air d'une autoroute à cet endroit. Où le Ministère des Transports veut-il que les cyclistes et autres véhicules lents passent si toutes les routes à trois chiffres deviennent des autoroutes?!? Sur ce tronçon de l'Axe de la Magog, on retrouve quelques rares îlots comportant une table de pique-nique et une poubelle. J'ai aussi croisé une pile énorme de détritus!

Heureusement que j'ai un vélo cyclocross, sinon j'aurais pesté! Ce dernier est classé dans les vélos de route (mais beaucoup plus abordable), le dessous du cadre est plat pour permettre de le porter par dessus les obstacles, mais a aussi l'avantage d'éjecter vers le côté les roches et l'eau, il n'a pas de suspension ni le plus petit pallier de vitesses avant, ses roues ressemblent plutôt à celles d'un vélo de montagne, mais la pression peut y attendre 80 psi.

Étonnamment, en plein milieu de nulle part, l'Axe de la Magog cède le pas à la Montagnarde, indiquant qu'on est passé de Sherbrooke à Magog. Un panneau nous renseigne en disant où on est rendu, mais pas dans quelle direction on va. Des panneaux de protestation décorent deux endroits. Cette piste cyclable comporte deux grosses côtes et quelques faux plats, elle passe près d'un camping et d'un centre jardin.

Arrivé à la fin des pentes, c'est vraiment laid. On côtoie la voie ferrée qu'on devine à peine à cause des phragmites, on enjambe un ponceau lié avec de l'asphalte dont les planches sont croches, on passe sous une autoroute, il y a des usines partout, je m'inquiète de plus en plus d'être au bon endroit. Je croyais que Magog serait champêtre comme le reste des Cantons-de-l'Est, mais non, c'est l'exception industrielle et pauvre. Je suis docilement la Montagnarde. Une fois passé un pont, je ressors ma carte. Je n'arrive pas à me situer. Je finis par réaliser que je vais en direction est sur la 108! Je jure et je retourne dans le sens contraire. La piste cyclable ne passe même pas par l'artère principale, ça fait dur en matière de planification du territoire! Je parviens finalement à me situer, mais je me demande toujours si je vais dans la bonne direction car l'urbanisme ne donne pas l'impression que j'approche d'un centre-ville. Passé un viaduc, je vois des hangars à bateau, et là je sais que je dois approcher. Je croise la 112. Je roule sur la rue principale, la partie la moins laide de la ville, mais étouffante et pleine de pancartes commerciales. Fidèle à mon habitude, je repère tout de même la boulangerie-pâtisserie de Magog. Il y a du trafic, et je nargue les automobilistes en les dépassant. Je croise la rue Merry, et j'y descends. Je suis arrivée à destination! Je cherche les stationnements à vélo, qui se trouvent de l'autre côté du Parc de la Pointe Merry.

Une fois stationnée, je me renseigne au kiosque d'information et la dame essaie de me recruter pour faire du bénévolat. Je blague en disant qu'il faudra me ramener à Sherbrooke. Elle me dit que j'aurais l'entrée gratuite, mais ça ne m'avancerait à rien puisque je voulais déguster et que je projetais faire du ménage dans l'après-midi.

J'entre, j'achète 12 billets pour 15$, je reçois mon verre et je demande où se trouve l'information pour les kiosques. On me dit qu'elle se trouve dans la tente... En rétrospective, j'aurais dû prendre les dépliants dans la tente et prendre le temps de les examiner pour déterminer à quel kiosque je voulais déguster, mais la dame trop incisive m'a fait fuir, et il faisait froid et ventait à l'extérieur de la tente.

Je commence par faire le tour une fois sans m'arrêter. Je sais que je ne goûterai pas à du vin, mais plutôt à du cidre de glace et de l'hydromel pour satisfaire ma dent sucrée. Je m'arrête à un premier kiosque où on me demande 4 coupons. Je suis surprise et déçue de prévoir n'être capable de déguster que trois choses. J'obtempère tout de même, et je goûte un hydromel en digestif, un autre puis un digestif au chocolat. Je n'ai pas retenu le nom ni la provenance car je trouvais le monsieur un peu trop vendeur insistant.

Je m'arrête à un second endroit pour goûter du cidre de Sainte-Cécile de Milton (bravo pour retenir les noms, je ne retiens que les lieux de provenance). Il sent la fraise, est absolument délicieux et je prends mon temps pour le déguster. Je jase avec la deuxième jeune fille au comptoir et je lui demande si les pommes sont déjà mûres. Elle me dit que c'est le cas, mais comme on n'a pas eu de nuits fraîches, elles ne sont pas rouges. De plus, on a peur que le vent les décroche. Je lui souhaite que ça change avant de partir et de rincer mon verre à l'arrosoir. Je prends le dépliant pour les Comptonales en passant.

Mon troisième arrêt me mène à goûter un drôle de poisson avec deux noms (dont un commence par « b ») de Blanc-Sablon que je n'arrive pas à goûter parce que le morceaux est trop petit comparativement à la biscotte. Je pèche complètement lorsque je goûte du foie de morue. Pour une pesco-végétarienne, je ne saurais dire si j'ai aimé ça, mais c'était spécial. En tout cas, c'est plein de fer!

Finalement, je suis attirée à mon dernier arrêt par le beau sourire que me lance la jeune fille au comptoir. Je n'ai plus que deux billet, donc je goûte un cidre tout court de Rougemont. C'est vraiment intéressant de comparer les deux, cidre de glace et cidre tout court. Elle me conseille de boire ça avec des crêpes, c'est ce qu'ils font en Europe. Elle m'a aussi invité aux vendanges, mais sans automobile, je ne pourrais pas faire ça. On devrait organiser une sortie aux vendanges à l'AMEUS!

Un extrait d'opéra italien se met à jouer et l'homme au comptoir auquel j'étais se met soudainement à chanter. Je suis étonnée puis je trouve qu'il est bon. Les gens applaudissent à la fin d'un couplet. Une jeune fille enchaîne sur un ton plus aigü de l'autre côté de l'allée. Une femme au ton plus bas entre dans la danse, puis un jeune homme dont le ton est plus haut que l'homme précédent enchaîne, et finalement les quatre chantent en même temps des lignes différentes. C'était vraiment beau, j'avais l'impression d'être dans une flash mob. Tout le monde a applaudi et crié de joie quand ils ont terminé. Ce que je retiendrai de plus positif sera cette chorale impromptue et le sourire chalheureux de la jeune fille du comptoir du cidre de Rougemont.

En quittant la tente, je cherche quelque chose pour emballer mon verre car j'ai peur qu'il se casse dans mon sac de vélo, mais on me répond qu'il n'y a rien. Je me demande s'il y a autre chose à part les cinq à sept plus tard, mais ce n'est pas le cas. Je ne trouve pas de fontaine pour remplir ma gourde et je quitte le site frustrée.

Ma visite de la tente n'aura pris que 45 minutes, mon aller deux heures et mon retour 1h45... En vélo de Sherbrooke, ça ne vaut pas vraiment la peine. En auto de n'importe où, je me demande si le trafic et le stress de chercher un stationnement en valent la peine. Je crois que je préfère aller sur place chez les producteurs que d'aller dans une foire où ils sont tous réunis « hors contexte ».

Je m'en retourne donc par le même chemin par lequel je suis venue. J'avais l'intention de peut-être emprunter le chemin Merry, de passer à côté du Mont Orford puis St-Élie d'Orford, mais je n'y ai pas pensé en quittant le parc (trop avinée :P). Le retour va beaucoup mieux que l'aller puisque j'ai le vent dans le dos et l'impression de plus descendre que de monter. Je rencontre beaucoup plus de cyclistes qu'à l'aller.

So much pour le ménage! J'ai dîné en retrant, puis je me suis étirée et douchée, et j'ai blogué ceci.

samedi 10 juillet 2010

Déçue du Festival d'été de Québec 2010

Jeudi 8 juillet

Je vais voir Emir Kusturica à la Place d'Youville. Je me rends compte que PERSONNE n'est filtré à l'entrée. Ça m'insulte ben raide d'avoir payé mon macaron pour voir un show quand n'importe qui peut le voir de l'intérieur du site (le monde dehors qui le voit, je m'en fous, tant mieux pour eux). La scène n'était pas assez haute pour que tout le monde voit (je suis plus grande que la majorité des femmes). Il y avait des parents avec leurs enfants sur les épaules, dont un bout-de-chou en couche qui se touchait les oreilles comme pour dire que c'était trop fort. Ça aidait pas à bien voir. Je n'ai pas été emballée par la musique, en plus des désagréments de gens rentrant dans ma bulle, ou de ces trois amis qui fumaient les uns après les autres Bref, déçue de ma première soirée. Peut-être que je suis trop exigeante.

J'apprends le lendemain par une collègue que les bouteilles d'eau « rigides » sont interdites. Veux-tu ben me dire quelle sorte de plastique est rigide? Pourrait-on préciser en terme plus clair, à l'aide du numéro de plastique, par exemple? C'est tout bonnement scandaleux de jeter des bouteilles d'eau réemployables par temps de canicule. L'appât du gain n'a pas de frontière.

Vendredi 9 juillet

Je me décide à la dernière minute d'aller voir Dream Theater et Iron Maiden avec ma sœur. Je stationne mon vélo près de ce que j'apprends être la sortie, qui m'oblige à un détour à pied d'un kilomètre. Je croise une vieille connaissance. Je parviens à la sécurité; on nous encage comme des cochons qui vont à l'abattoir, en rangées serrées munies de hautes clôture (des obèses ne passeraient pas). J'attends mon tour, c'est long, puis c'est mon tour. Je dis au gars de fouiller mon sac, mais pas moi. Il trouve un canif que j'avais oublié dans mon stock de vélo. Je lui laisse, mais je suis déçue car j'y suis attachée. Il me dit que je pourrais revenir le chercher après le show. Je lui rétorque que c'est l'entrée à ce point là (et je devrais refaire 1km de marche pour retrouver mon vélo). Je ne le laisse pas faire sa fouille corporelle, et la prochaine fois je ferai chier en demandant qu'une fille fasse la fouille corporelle pour des motifs religieux (accomodement raisonnable power!). Non mais, on ne prend pas l'avion, on va à un SHOW!!! Même en avion ils ne soumettent pas tout le monde à une fouille corporelle.

Le bout de show de Dream Theater est super bon. Je connais moins Iron Maiden, mais je suis bien contente que ma soeur débordante d'énergie soit venue me rejoindre.

Fin du show, je vais aux toilettes (dégueulasses). Je sors lentement mais sûrement du site (d'habitude je quitte plus tôt pour sortir plus vite). Je retrouve mon vélo, et je gueule au gars qui embarquait dessus de dégager. Mon vélo a été VANDALISÉ. Le porte-gourde et le porte-bagage sont tordus. Des connards soûls l'ont utilisé comme escabeau pour passer par-dessus la clôture. J'aurais souhaité qu'ils s'empalent.

Ça sera mon dernier FEQ.

samedi 10 octobre 2009

Gilles Vigneault - Chemin faisant au Vieux Clocher de Sherbrooke

Avertissement: je ne connais pas très bien le répertoire de Gilles Vigneault. Un de mes colocs pendant Écostage à Saguenay m'y a initié en début d'année, et j'ai bien aimé. Cependant, le manque d'accessibilité (gratuite) des chansons a freiné mon intérêt.

Ce qui frappe d'abord, c'est l'expressivité de Gilles Vigneault. Son visage, ses gestes, ses déplacements, tout son être contribue à enrichir ses paroles. En second lieu, on se pend à ses lèvres pour bien saisir toute la richesse de sa poésie. Puis, il nous invite à participer avec ses chansons à répondre, reprises avec enthousiasme par la salle, et facile à répéter pour une néophyte. Finalement, tout comme pour Pierre Lapointe, les accompagnements sont actualisés, réinventés à l'aide d'un saxophone, d'une flûte, d'une clarinette, d'un banjo, et bien sûr d'un piano et d'un violon. On finit par admirer les musiciens qui arrivent à le suivre lorsqu'il hésite, qu'il oublie une phrase ou qu'il ne dit pas clairement quelle chanson il va interpréter ensuite. Gilles Vigneault passe d'une chanson à l'autre en poésie, ou encore en anecdotes. Nous avons eu droit à deux anecdotes, la première plutôt longue, la seconde savoureuse qui portait sur l'arrivée à Natashquan d'un gars fendant de la ville sur le bateau de la quinzaine qui se fait avoir par Midas. Ces anecdotes trahissent aussi l'accent savoureux de la Côte-Nord que conserve Gilles Vigneault.

Tout cet ensemble, et expressément les chansons sur les gens ou la nature, combiné à une imagination fertile, donne lieu à une imagerie, et transporte dans un autre milieu, dans une autre époque, dans un autre mode de pensée.

Bref, j'ai passé une très belle soirée, à chanter avec Gilles Vigneault et la salle, à faire une ovation debout à ses musiciens et lui, à lui chanter "Gens du pays" en remerciement. Et le violoniste m'a fait de l'oeil.

jeudi 4 septembre 2008

Faune montréalaise

Wow. Je suis sortie avec trois politiciens ce soir. J'ai fait une incursion dans le monde des hommes mâles machos qui prennent les femmes pour des objets, mais contrairement à Dawson, à part me sentir scandalisée à répétition mais curieuse d'en savoir plus, je n'ai pas voulu m'isoler, me les mettre à dos et fuir dans la chaleur humide et maternelle d'une sororité gau-gauchiste socialiste.

Je vais omettre certaines informations afin de ne pas identifier les hommes en questions, mais ils sauront bien se reconnaître, et certains sauront bien deviner qui ils sont.

Nous trouvant dans le Vieux-Montréal, A et B avaient dans l'idée un bar auquel sortir. Magiquement, nous avons rencontré C sur le chemin que A et moi connaissions. Nous avons erré un peu avant d'aller porter un objet au bureau de B que j'ai visité avec un enthousiasme morbide. Déambulant un peu plus, C a récité le clip Johnny-Boy des Têtes à claque puisque le Café des éclusiers se trouvait dans le même quartier. Nous sommes arrêtés dans un bar chic et moderne prendre l'apéro: un kir royal et trois mojitos (depuis le temps que je voulais essayer ça!). Nous avons jasé politique et vie personnelle. C me dérangeait un peu avec son pied (je sais pas si c'était un code de bar que j'ignorais), mais je l'ai remis à sa place (mon pied et le sien). Malheureusement, j'ai dû caler mon apéro que je ne buvais pas assez vite et ça m'a rendue pompette. Le tout a coûté 55$!!! J'ai donné tout ce que j'avais sur moi à B qui a réglé l'addition avec sa carte une fois que A et C ont contribué.

Nous sommes ensuite allés dans un bar (d'un hôtel!!!) où il y avait beaucoup trop de monde. Moi dans ma jupe longue pas assez fendue (qui entravait ma marche et me consignait à un rôle traditionnel de femme non-émancipée) et mes souliers plats (trop usés), sans bijoux et trimbalant un sac à ordi plein et une grosse boîte, je faisais vraiment à part. Je m'en foutais pas mal, et j'ai jasé avec C (qui a semblé sauter du « je me comporte moi aussi en gars macho » au « je fais attention à Lynne » au cours de la soirée). Un appel familial m'a interrompu et j'ai commencé à raconter d'un ton dérisoire l'attitude des gens au bar.

Alors que le troisième arrêt de la soirée s'en venait (l'objectif no 1), j'ai piqué les clefs de A pour aller chercher mon lunch (un deuxième sac) que j'avais laissé dans son véhicule stationné à une station de métro de distance. En revenant vers le 701 Place d'Armes (encore un bar-hôtel, mais cette fois-ci avec une terrasse sur le toit oh-ho!), j'ai vu des policiers en shorts et j'ai été obligée d'attendre en bas que la terrasse qui menaçait de s'effondrer sous le poids de la limite d'occupation défoncée se vide un peu. Tannée, j'ai appelé A sur le cellulaire de B (juste pour le fun) pour qu'il vienne chercher ses clefs en prenant l'ascenseur. J'ai sacré les clefs dans la main de A et suis foncée aux toilettes. Celles-ci faisaient dur comparé au bar précédent avec de belles grandes portes complètes et hautes fermant correctement. C m'avait galemment attendu et nous avons pris le métro ensemble, ce qui a rassuré ma personne-Cendrillon puisque le soleil était couché. Nous avons eu une belle discussion pour clore la soirée.

Les échanges masculins dont j'ai été témoine m'ont éduqués à une réalité que j'ai peu ou proue expérimentée durant ma jeunesse (!). Mon secondaire a été consacré à être antisociale, ou sociable avec les amis de mon chum dans son appart, le tout arômatisé à une substance que le Parti Vert veut légaliser. Comme j'habitais en banlieue, que j'allais au cégep en ville et que je ne voulais pas apprendre à conduire, ma sociabilité s'est encore une fois traduite chez mon chum (un autre, qui possédait un char) et en ville avant la dernière bus avec ses amis. À l'université, ma première année en résidence était un party permanent chez moi. Je ne suis pas sortie. Ma deuxième année était plus isolée, mais j'ai commencé à m'impliquer à fond. Être sociable sur le campus me suffisait, et j'allais dans les bars pour les rencontres des Verts. Je suis sortie (si peu!) avec mon chum (un autre) durant la deuxième session. J'ai sorti un peu dans les bars avec ma gang de travail une fois mon deuxième été terminé. En troisième année, ma première session était sur le Plateau, et je suis sortie beaucoup chez des amis pour faire le party. Ma deuxième session était trop rock'n'roll pour que je sorte.

C'est donc dire que de voir A et B, qui comme je le croyais avait des traits en commun (autre que le machisme), ainsi que C au début de la soirée, se lançaient des commentaires sur telle et telle fille et autres remarques salées, m'a scandalisée quelque peu. Lorsque j'ai compris que le but de leur sortie au bar était de regarder, se faire regarder, cruiser, et si libre, finir au lit avec quelqu'un, ça m'a stupéfaite. Mes parents ont été mariés par amour pendant 25 ans, et ma soeur et moi avons un idéal d'amour romantique qui exclut le sexe sans amour préalable. Le contexte était donc nouveau pour moi et très intéressant à observer, ce qui a donné lieu à ce blogue sans fin.

vendredi 16 mai 2008

Journée internationale contre l'homophobie

Au secondaire, à cet âge-là, le bullying en traitant les bouche-trous de "tapette" et "fif" était fréquent, mais beaucoup plus prononcé en secondaire I à III. Sujette moi-même à ce harcèlement psychologique, j'haïssais les lesbiennes. Ma classe de secondaire IV ou V avait eu droit à de la sensibilisation du groupe Gais & Lesbiennes. Je ne me souviens pas trop de l'effet qu'avait eu la séance sur nous. Un gars s'est fait écoeurer jusqu'à ce qu'il affirme son homosexualité.
Au cégep, le temps a passé; l'anonymité aidant et les bullies étant loin, la haïne a progressivement décru pour se changer en tolérance. Lorsqu'une amie m'a confié qu'elle était attirée par les filles, je n'ai eu d'autre choix que de vouloir dépasser la tolérance.
À l'université McGill, j'étais en résidence universitaire, et j'ai assisté à un atelier obligatoire sur l'identité/orientation de genre et de sexe donné par QueerMcGill, un service étudiant de l'AÉUM (asso étudiante de McGill). On y abordait le consentement sexuel, l'homosexualité et le changement de sexe, entre autres. Ça m'a frappée et fait passer de la tolérance à l'acceptation. Je me suis fait quelques amiEs LGTBQ (lesbienne, gai, transgenre, bisexuel et queer), ça m'a sensibilisé à leur cause et au fait que la binaire des genres est une aberration. Dès lors, je ne me suis pas surprise de voir des toilettes individuelles mixtes et je suis montée aux barricades de l'interdiction de donner du sang pour les gais (qui a expulsé Héma-Québec du pavillon des étudiants jusqu'à révision de sa politique, c'est-à-dire indéfiniment). Lorsque je suis allée à un cours qui me semblait à l'oral donné par un homme, mais qui reflétait une femme, et que la prof expliquait le tout durant son interdiction, ça ne m'a pas choquée.

lundi 12 mai 2008

Élections partielles provinciales 2008 provincial by-elections

Voici ce que je viens tout juste d'écrire en réaction au titre sur le site du Parti vert du Québec (en français). Here is what I have just written on the website of the Green Party of Canada (in English).

Parti vert du Québec: Élections partielles 2008
Bourget: troisième derrière le PQ et les Libéraux avec 11,26%
Hull: quatrième derrière les Libéraux, le PQ et Québec Solidaire avec 7,2%
Pointe-aux-Trembles: quatrième derrière le PQ, les Libéraux et l'ADQ avec 4,81%.

Green Party of Quebec (PVQ): by-elections 2008
Bourget (East Montreal Island), Scott McKay (ex-leader of the PVQ): 3rd behind the Parti Québécois (PQ) and the Liberals with 11,26%
Hull (next to Ottawa), Brian Gibb (President of the GPQ): fourth behind the Liberals, the PQ and Québec Solidaire with 7,2%
Pointe-aux-Trembles (East Montreal Island): fourth behind the PQ, the Liberals and the Action Démocratique du Québec with 4,81%.

Seeing these results, why isn't the Green Party of Canada doing better in Quebec? Because it is still unilingual and lacks the understanding of Quebec's difference from the rest of Canada.

I will put forward two motions at the next GPC convention in Nova Scotia: one to hire a translator within our staff members, the other to have a shadow cabinet expert on official languages. If the language way reveals itself not to be enough to open the GPC to Quebec, I will try the ombudsperson. If that still does not give anything, I'll get elected to the federal coucil/be hired as a staff member/become myself an official languages expert. If the GPC still keeps falling behind the NDP on the Quebec question after all those undertakings, I will cease my membership.

Lynne Champoux-Williams
Étudiante de premier cycle à l'Université McGill en environnement
Sénatrice de l'AÉUM de la Faculté des arts

mercredi 23 avril 2008

Hikikomori

Je suis de retour à la maison depuis samedi dernier. J'ai incroyablement de difficulté à m'ajuster à l'atmosphère qui règne. Ma soeur étudie comme une déchaînée, et ma mère s'oublie comme à l'habitude. Quant à moi, je n'ai aucune motivation à entreprendre mes travaux en retard. Le titre de cette entrée dans mon blogue vous mènera à la façon dont je me sens et me comporte ces temps-ci. Je deviens de plus en plus bonne en japonais parce que je dévore les animés sur www.dailymotion.com. Je vous dresserai une liste de mes préférés éventuellement.
L'état de mon père s'est stabilisé. Hier, nous avons toutes rencontré le médecin, et j'ai été choquée d'apprendre que mon père souhaitait continuer à vivre, malgré son apraxie, malgré sa dépendance pour recevoir des soins physiques, malgré son aphasie qui nous amène à chérir tout ses mots. Bref, il reçoit du Décadron, qui réduit les maux de têtes causés par la tumeur. Cela prolonge son espérance de vie (qui est très difficile à estimer), mais peut aussi mener au coma et à des tonnes d'autres complications.
En revenant sur la rive-sud de Québec, je redécouvre les joies de la vie de banlieue. Mise à part le fait d'habiter tout près d'un vrai parc avec une chute d'eau et que l'air sente bon, il n'y a pas beaucoup d'autres avantages. Le transport en commun s'est amélioré et les moeurs semblent y avoir changé, mais il reste que se déplacer est beaucoup plus difficile que si la neige avait déjà fondu et que je pouvais emprunter le vélo de ma soeur.

mardi 15 avril 2008

Générations et environnement

Il me brûlait, depuis un certain temps, d'écrire une autre entrée amalgame de pensées diverses me trottant dans la tête. C'est ainsi que je joindrai environnementalisme et générations humaines.

On ne cesse de revenir sur la chasse aux phoques de cette année qui a fait controverse avec le coulage d'un bateau remorqué par la garde côtière et les animalistes qui ont réussi à attirer l'attention (et réanimer la controverse) sur cette pratique, que ce soit par des déclarations ou des gestes. La remarque de Paul Watson comme quoi les milliers de phoques tués valaient plus que plusieurs vies humaines perdues semble en avoir choqué plus d'un; si l'on part du principe que les humains font parti du genre animal et sont donc égaux aux phoques, en terme de nombre, il a parfaitement raison. Ceci n'exclue pas l'empathie envers la perte de vies animales (ce qui inclus les humains).

Dimanche dernier, j'ai vécu toute une expérience. En bref, deux amis de mon père (Pierre et Paul) et moi sommes partis de Montréal vers Québec tôt dimanche matin. Passé Trois-Rivières, le moteur du VUS a sauté, et l'épouse de Paul est venu de Repentigny avec leur deuxième voiture pour nous accompagner jusqu'à Québec. Lors de ce voyage, j'ai mieux compris ce qu'a vécu mon père et sa génération lors de leur jeunesse, ce que c'est d'être un baby-boomer au Québec. Toute sa gang de cégep, des grands ados d'alors jouant au ballon-panier (basketball), venait de la classe ouvrière de l'est de l'île de Montréal, s'est marié entre elle (et l'est toujours!), est devenu la classe moyenne-haute actuelle, possède une maison en banlieue (Repentigny), aime tout ce qui a un moteur. Bref, ça m'a beaucoup certains films de Denys Arcand, surtout les Invasions barbares, et ça m'a aidé à accepter la situation de mon père.

Je trouve fascinant ces derniers temps de constater combien les médias et la population en général tisse des liens entre le prix de l'essence, l'éthanol de maïs et la crise alimentaire mondiale. J'ai fait des recherches, durant mes études, sur les biocarburants et les organismes génétiquement modifiés, qui me permettent de mieux comprendre la crise actuelle (je les attacherai ici lorsque je ferai le ménage de mes DVD). Bref, dans un monde interconnecté alors qu'on nous apprend à penser par silos, il est fantastique que le monde comprenne essence rare = montée des prix, donc alternative = éthanol de maïs mais maïs = nourriture donc rareté = montée des prix, donc crise alimentaire.

Comme dernière intervention, j'aimerais souligner combien les expressions que l'on emploie dépendent de notre génération. Je me suis retrouvée ce mercredi dans une réunion avec des anglophones adultes agés entre 35-50 ans, et j'ai appris au moins trois expressions nouvelles (que j'ajouterai éventuellement ici).

Vive la procrastination pragmatique!

mardi 11 mars 2008

15 years ago, north of the 60th parallel

I'm profoundly disturbed. I just watched a movie about the situation of the James Bay Cree in the 1990's. In that ecological anthropology class, we saw a movie on their lifestyle in the 1970's. It's so profoundly different. They went from Cree-speaking hunter-gatherers to French/English speaking sedentary people on welfare in 20 years.
I feel sick. The version of the reality that was presented reaches to me so much, was able to sink deeply in because it's in English and about Quebec (and I'm writing in English!), because I haven't slept enough thus my mental barriers were weak, and because childhood memories came back. Of Robert Bourassa on TV after the Flintstones at 12:30PM. Of a friend who's father went to dam La Grande River, up north. Of all the prejudices I heard in my life against amerindians.
Instead of crying out of guilt, I went to see the prof and ask him to avoid the Inconvenient Truth syndrome - the fact that after the audience is faced with a harsh reality, it collectively feels despairs and powerlessness - by empowering us next class.

dimanche 20 janvier 2008

Pullman - His Dark Materials

So when I read Floh's enthousiasm here last December when the Golden Compass hit the North American screens, I assumed from her taste of Harry Potter that I might like this movie/book as well.

The first book I loaned at the library this year 2008 was thus that one. I became incapable of social behaviour, all absorbed and obsessed by my reading (which spoiled a family week-end). After I devoured the first book of the trilogy, I waited a bit before reading the second one. I just finished it and the same sadness feeling is hovering in my appartment.

It's a cruel atheist fantasy for children, and so characters die in it. However, it doesn't bring the comfort of a dystopia, because global warming is there (translated by an opened door between two worlds in the Arctic), and the horrors of organized religion and unethical science as well.

No end to this article, because I'm not done with the trilogy.

vendredi 14 décembre 2007

L’âge des ténèbres

NB: this comment won’t be translated as it pertains to a movie in French. Je suis allée voir le dernier film de Denys Arcard avec un ami hier soir, faisant fi des critiques. Puisque j’ai apprécié le film, je tenais à exprimer mon opinion divergente.

Synopsis: Le décor est celui d’un Montréal apocalyptique dans lequel tous les problèmes sociopolitiques sont exagérés, avec des parcelles frappantes de vérité. La façon dont le gouvernement provincial est dépeint est hilarante, rappelant La maison des fous dans Les douze travaux d’Astérix. À travers les fantasmes d’un homme ordinaire (45 ans, classe moyenne-élevée, vivant en banlieue, deux filles, fonctionnaire), on vit une dystopie aux lieux familiers.

Il est à noter que les gens qui n’ont jamais vécu aux environs ou à Montréal ne s’identifieront probablement pas à ce film (de plus, Montmagny est dépeint comme le Bas-Saint-Laurent!). À part le calibre comparé au Déclin de l’empire américain et Les invasions barbares, la raison pour laquelle les critiques n’ont pas apprécié pourrait être le fait que c’est assez déprimant, en général, et que malgré certaines amplifications, il nous jette le côté sombre de la réalité à la figure… Dur réveil pour la matérialiste génération des baby-boomers.

Si vous êtes capable d’être ouvert(e), allez voir ce film, et laissez-vous aller. La brochette d’émotions vécue passe du rire aux pleurs. Le personnage a failli y passer…

dimanche 2 décembre 2007

Happy whatever-you-call-it

I'm pretty sure any McGillian would like to know how a Quebecer, in the accomodement raisonnable period, celebrate the-end-of-December (try to find a religion-neutral way of depicting that time of the year... even holidays doesn't work: Holy Days).

Well as you've heard if you read/listen/watch the local news, Quebecers feel that religion is part of their culture (I'd use "heritage"). So I'll go to mass with my family. And since all the catholic-Church-anglo vocabulary is unknown to me, this post will be hectic. I go to mass, but je ne communie pas. That means, I don't "eat the body of Christ". This gesture might be insulting to some people, but I respect my own non-belief in any superior spiritual being (which doesn't make me agnostic). The best moment is Minuit Chrétien (Christian midnight...), when my father outsings the guy one floor above. And if you've never heard it, ask me, once drunk enough, to sing it out loud. When I was in elementary school, I used to sing in a religious choir, so I remember the lyrics.

And you're reading a Quebecker that knows religious lyrics but not Ô Canada in French... I've outgrown God during my teen rebelion. He just wouldn't send me a sign, so I ditched Him.

During a whole period, I was without any kind of spirituality, and really brainy. Once I converted to full-spin environmentalism, I felt longing for something to believe in. This might be stupid (and REALLY not secular), but replacing religion with politics made sense. It still is a system (like an organized religion) in which one believes, right?

Then I saw les dessous de la politique. And it wasn't really worthy anymore to have faith in it, but simply to work hard to use democracy in an efficient way, as a mean to an end that one think is best.
I'm now back to looking for a form of spirituality, but will writing this, I've changed my mind: I suspect I've always had it, at the same time as faith in the CathoGod. It's not exactly paganism, nor "Mother Earth worship". It's a kind of poetry, being moved by the wind gliding through branches of a tree, an orange moon, the sun shining through clouds in a certain way, the St. Lawrence that I long for so much.

So requiescat in pace whatever you believe in.

jeudi 25 octobre 2007

Equality, minorities and humor

I won't qualify my notes/e-mails of nerdy anymore, because I remember something about Discover McGill that all McGill students were different kind of nerds. Therefore I don't need to justify my nerdiness; I'm just like other students.

I had a strange evening tonight: I would have had access to free food and great people involved in environmental stuff, but I decided out of the spot that I wouldn't go, despite my hunger and liking those people, because the reception was not opened to everyone. This was the first move I made according to my non-environmental principles I can recall.

Instead, I went to have fun with the newly founded Club of World Domination http://mcgill.facebook.com/group.php?gid=5352554813. I realized that everything I was involved in was pretty much serious, on campus, and that absurdity was good, especially laughter. Though under a framework of imperialism under which democracy and equality cannot exist, minority-related jokes are weird to make.

So tonight, a sort of Larouchian mail was circulated in the meeting where Jews where described as hiding under the cover of environmentalism. When someone made a joke about environmentalists (which I am), I replied with a Jew joke, and people's faces fell.

Later in the evening, women jokes came up, to which I wondered loudly how come people where so shocked when hearing Jew jokes and not as much on women jokes? To which a member wisely declared women and Jew jokes outlawed.

Since I'm not a native English-speaker, it took me some time while learning to speak (some two years ago in Rez, because 9 years of schooling during elementary, high school and Cégep are worth nothing compared to immersion) to be able to make anglos laugh.

I'm also curious about the phenomenon of the acceptance of self-deprecating jokes by minorities, but the rejection of those same jokes uttered by someone not from the community. I take as an example a famous pair of politicoes on campus that make antisemite and racist jokes in between themselves, while shocking people not in the know to a certain extent.

So I wondered about the weight in history of several minorities that suffered genocide, as well as the McGill context in general. Would an Armenian, a Rwanda or a Darfur joke have the same shock effect on people? And what about jokes about minorities that where oppressed (or simply unequally treated) but not mass-murdered, like women (if you don't count China's female infanticides)? I don't know how big the jewish minority at McGill is, but I'd be interested to know, because I'm guessing their number might influence the reaction people have to discrimination towards them.

I also had a thought for my father, who attributes the richness and powerfulness of America to a jewish plot. And I thought of a jewish ex-boyfriend I had in secondaire V (grade 11) and cégep 1.

I could bring the antisemitism that used to reign in Quebec before (50's?), Quebec as a nation, reasonable accomodation and Pauline Marois' two-tiered citizenship. But I won't.

In brief, I'm really glad to live now rather than then. Bringing old-style imperialism back to life as a joke is delicate, especially for a Quebecker, that as a French-Canadian, was historically conquered by the British (and still somewhat feels diminished by it). And as a French-speaking student in an English-speaking institution, I'm able to experience being a minority. All I can wish for is that we Quebeckers stop identitying ourselves against others, and find our intrinsic value, as a people.


And if I'm not using the proper terminology, I'm sorry, tell me and I'll edit this note.

samedi 1 septembre 2007

5 langues/5 languages

J’ai visionné un film assez étrange ce soir. Un mélange d’abus, de sexe, d’amour, de mutilation, le tout autour d’un piano. C’est l’histoire d’une jeune pianiste muette d’origine anglaise et allemande qui s’en va épouser un néo-zélandais. On y entend de l’anglais (avec des “r” roulés!!!), de l’allemand, du maori, du language signé, et du piano. Ce dernier est bien une langue, car il fait passer des émotions. Ce qui m’a arraché un sanglot, c’est bien le fait que notre espèce puisse créer de la musique, mais aussi que la trame sonore a été enregistrée à München avec l’orchestre philarmonique. Quelle cohérence! De plus, la séquence qui revient donne envie d’apprendre à jouer, même à l’antithèse d’une artiste, qui même avec des mots, n’a pas réussi ici à faire passer son message…

I watched a quite weird movie tonight. A mix of abuse, sex, love, mutilation, all around a piano. It is the story of a young mute pianiste from England and Germany that is going to marry a colonist from New-Zealand. English (with rolled “r”s!!!), German, Maori, Sign Language, and piano are heard. The last is really a language, because emotions flow through it. What teared a sob of me was not only the fact that our species can create music, but also that the soundtrack was registered in München with the philharmonic orchestra. How coherent! Moreover, the sequence being played several times gives the will to learn to play, even to the antithesis of an artist, who even with words, wasn’t able to carry her message through…

mardi 24 juillet 2007

Multiculturalisme, commercialisation et congestion

Après trois fins de semaine, mon premier événement spécial, les Week-ends du monde, en tant que chef d’équipe (avec un salaire d’assistante) au Consortium Écho-Logique s’est terminé hier. J’ai côtoyé diverses communautés culturelles, soit des Caribéens anglophones (je n’ai pas saisi la façon claire dont vous vous identifiez, désolée!), des Haïtiens créoles et des Latinos hispanophones. J’ai donc pu pratiquer les trois premières langues que j’ai apprises, les deux dernières (l’allemand et le russe) étant pas mal morte dans un coin de mon cerveau. J’ai rencontré des concessions alimentaires et des artisans variant aux gré des communautés.

Dans les permanents, ceux qui revenaient de semaine en semaine, il y avait l’équipe d’entretien (hispanophone), des gardiens de sécurité (anglophones), des secouristes, l’équipe technique du son, des organisateurs, des promoteurs. Je me suis sentie bien dans ce milieu à dominante masculine, moi avec mon travail physique et ma coupe en brosse. Des liens se sont tissés, un respect mutuel, une appréciation réciproque des tâches de chacun, une forme de connivence, une amitié.
Chez les commerçants, ce qui m’a frappé, c’est le marketing (commercialisation) à vision courte. Par exemple, CBC (version anglo de Radio-Can), présent lors du premier week-end Carifiesta, distribuait des ballons de plage en caoutchouc ou en plastique quelconque qui se retrouvaient dans le canal entourant le parterre de l’Île Notre-Dame, et des raquettes de bois et de carton ciré, qui se ramassaient à la poubelle. Durant les deuxième et troisième fins de semaine, haïtiens-créoles et merengue, Western Union distribuait des sifflets (ils n’ont pas refait cette erreur après que tout le site se soit fait casser les oreilles par des enfants enthousiastes), des casquettes de mousse (non-recyclable), des bandanas (pratique comme torchon), des bandes réfléchissantes (que j’ai ramassé aux poubelle et redistribué aux permanents), des montres (TRÈS pratique) et probablement d’autres items que j’oublie.

Ce qui m’a découragé un peu, c’est le traffic qui congestionnait les deux îles (Sainte-Hélène: La Ronde, et Notre-Dame: Circuit Gilles-Villeneuve) suite à l’International des Feux Loto-Québec. Heureusement que je suis complètement autonome avec mon vélo!

J’ai finalement commencé à moins dédaigner le dumpster diving, ou la récupération alimentaire, qui consiste à manger/boire ce qui est scellé qu’on trouve dans les poubelles. Certaines personnes ne se nourrissent que de cela en allant fouiller derrière les différentes épiceries et marchés publics de l’île de Montréal.

Cette fin de semaine-ci fut particulièrement éprouvante dû au fait que le dernier tome de la série Harry Potter, Deathly Hallows, est sorti samedi à minuit une. J’ai évidemment été à un party de la Librairie coopérative solidaire et communautaire de Concordia, puis ai été la deuxième à recevoir mon livre. Je n’ai pas pu résister à le lire, ce qui a résulté en un total de 11 heures de sommeil et 33 heures de travail en trois jours.

dimanche 1 juillet 2007

Gentrification maxima - Festival de Jazz

(English below) J’en suis à mon troisième événement spécial avec le Consortium Écho-Logique (Grand Prix du Canada à l’Île Sainte-Hélène, Vélirium au Mont Ste-Anne, Festival de Jazz à Montréal). Notre quartier général se trouve au Parc Horticole, à l’intersection de Jeanne-Mance et Maisonneuve. C’est un bien beau nom pour une place qui n’a que des bancs de béton peinturé et une maigre lisière d’arbre. C’est en fait une des piqûeries du centre-ville, et un lieu de résidence pour les sans-abri.
J’ai commencé à avoir un certain malaise à occuper cet endroit lorsque j’y ai trouvé des effets personnels. Ma réaction, pas la bonne, a été de faire le ménage, de tout mettre ça aux poubelles. Je l’ai regretté par la suite; cette défensive ne sert à rien puisque je ne suis pas menacée par les signes de présence des itinérants (seulement par les seringues des drogués).
J’ai simplement appliqué la stratégie globale du Festival, c’est-à-dire de gentrifier temporairement le centre-ville, pour mieux le redonner aux citoyens avec-abri. Ce qui se cache derrière la volonté de faire d’une partie de Montréal un quartier des spectacles, peut-être pas aussi consciemment que je l’affirme, c’est, entre autres, d’éliminer les traces de la marginalité sociale. J’ai vu des punks se tenir sur le bord de la rue, leur espace public, les parcs de la Ville, occupé.

This is my third event with Consortium Écho-Logique (Grand Prix du Canada at St.-Hélène Island, Vélirium at Mont Ste-Anne, Festival de Jazz in Montréal). Our headquarters are at Parc Horticole, at the corner of Maisonneuve and Jeanne-Mance. It’s a beautiful name for a space that holds a row of vegetation and some concrete benches. It is in fact one of the downtown shooting galleries, and a place to live for homeless people.
I started feeling ill-at-ease to be occupying this environment when I found personal goods. My reaction, not the good one, was to clean up, to consider everything as trash. I regreted it afterwards; this attitude is not productive since I’m not threatened by the signs that people have lived there (only by the syringes).
I simply applied the global strategy of the Festival, that is, to gentrify downtown temporarily, to give it back to the homewith citizens. What is hidden behind the will of making a part of Montreal a show neighbourhood, maybe not as consciously as I claim it, is notably to eliminate traces of social exclusion. I saw punks on the sidewalks, their public space, city parks, occupied.

dimanche 18 mars 2007

La rédactrice est une francophone végétalienne

Oui, cette étudiante qui n’arrête pas, qui va au bout de l’endurance de son corps et son esprit pour vivre pleinement, prend le temps de partager ses expérience avec vous.
J’ai d’abord quelques commentaires d’ordre général pour conclure mon précédent billet, puis les évènements auxquels j’ai participé et mes réactions, puis les événements à venir en plus de quelques remarques personnelles.

ÉLECTIONS
AÉUM
Floh-Herra Vega n’a pas été élue, mais elle avait 0,9% de votes de moins que Jake Itzkowitz
Max Silverman (VP à l’externe), Adrian Angus (VP affaires universitaires) et Marcelle Kosman (VP clubs et services) pour lesquels je faisais campagne ont gagné.
Sénateurs
Dan King a gagné, Graeme Lamb a perdu (mais le deuxième sénateur a gagné parce qu’il a signé son nom au bas des courriels de l’Association des étudiants du premier cycle en arts tout au long de l’année… il n’a même pas fait campagne!)
Kyle Bailey a gagné PAR UN VOTE!!!
Référendums
Le frais pour le fond environnemental de l’AÉUM a passé!

ÉVÉNEMENTS auxquels j’ai assisté
2007 James R. Mallory Lecture in Canadian Studies
Graham Fraser

Commissioner of Official Languages
Wednesday, March 14, 2007, 4:30 pm
McGill Faculty Club, 3450 McTavish Street
Reception to follow
Dans le cadre de la semaine verte de l’association des étudiants de premier cycle en science (SUS):
films: L’erreur boréale, Who Killed the Electric Car?, Manufactured Landscapes
acheté une assiette de plastique réutilisable et pliable
atelier de vermicompostage, session de consultation de McGill Durable
conférencier: Claude Williams Genest (vice-président du Parti Vert du Québec et chef-député du Parti Vert du Canada) sur la permaculture et les changements climatiques
panel: Peter Love (chef officier de la conservation en Ontario), Peter Graham (responsable des finances et de l’écologisation de l’économie au Cabinet fantôme du Parti Vert du Canada), Cameron Stiff (jeune activiste environnemental ayant fait partie de Concordia Durable, Action Énergie, Coalition Sierra Jeunesse, Centre de convergence de justice climatique pour la conférence de l’ONU à Montréal, sommet parallèle international de la jeunesse, etc.) sur les choix corporatifs, politiques et individuels par rapport aux communautés durables
conférence: 6ème édition de Repenser McGill
Ma langue

Durant le party de victoire chez Devin Alfaro, j’ai vécu quelque chose de profondément troublant. Graeme Lamb, excellent stratège, qui connait les tréfonds de la gouvernance comme pas un à McGill, et représentant de Gorilla Compost http://gorilla.mcgill.ca/ et Aaron Donny-Clark, président de l’Association des étudiants de premier cycle de l’Université McGill, qui a une voix étonnament douce pour sa position mais qui sait également être ferme, m’ont adressé la parole en français. Si vous saviez le changement qui s’est opéré en moi à ce moment-là, combien ça m’a frappée, combien utiliser une autre langue pour m’adresser la parole m’a valorisée, m’a reconnue comme personne, comme francophone, comme Québécoise… C’était comme me faire dire: voilà, je t’adresse la parole dans ta langue à toi, et tu es francophone, Québécoise, une personne humaine, je reconnais ton identité et t’accepte telle que tu es… Ça m’a fait énormément chaud au coeur.

Ça, plus que tout autre chose m’a déterminée à enquêter sur la place du français à McGill, à me battre pour les droits des francos et leur inclusion, mais surtout à comprendre les obstacles empêchant un(e) franco-québécois(e) qui n’aura pas vécu en résidence de s’intégrer et d’être pleinement bilingue à sa sortie de l’Université.

S’alimenter

Dans la volée des suggestions pour réduire son empreinte écologique, je veux tout d’abord vous faire part de ceci: je suis végétarienne (pas de viande depuis septembre 2005, pas de poisson depuis septembre 2006), je tends à être végétalienne (pas de produits animaliers) lorsque je le peux (je n’achète pas de lait de vache ou d’oeufs par moi-même). Voilà mes cinq raisons:
1- je n’aimais pas le goût
2- les énormes conséquences que ça a sur tout (manger du boeuf entraîne la déforestation par brûlis de l’Amazonie [pour faire des pâturages, mais ils durent 2-3 ans à cause de l’énorme productivité de la forêt, c’est-à-dire que tous les nutriments sont recyclés super vite, et très peu parviennent au sol])
3- en terme de cycle d’énergie, c’est pas vraiment logique de faire pousser des céréales pour les donner à une vache que tu vas manger… ça serait ben mieux de manger toi-même les céréales à la place!
4- la cruauté envers les animaux: si t’étais une vache avec une conscience, t’aimerais-tu ça naître, te faire engraisser aux hormones, rester à l’intérieur, donner naissance à un petit qu’on t’arrache aussitôt pour l’engraisser et donner du veau, te faire traire jusqu’à ce que t’en crève et voir toutes tes parties être ben utiles à l’abattoir?
5- ça coûte ben moins cher de bouffe d’être végétar/lien!

Donc voilà, maintenant que vous avez le contenu, vous allez mieux comprendre. J’ai soupé à l’extérieur à quelques reprises, et certaines d’entre elles valent la peine d’être racontées.
Vendredi le 9 mars dernier, j’étais à Ottawa pour la rencontre du Conseil des Jeunes Verts du Canada, les représentants de la branche jeunesse du Parti Vert du Canada. J’avais organisé une rencontre avec David Chernushenko, le député sénior à la cheffe du Parti Vert du Canada (Élizabeth May), et il avait suggéré Wild Oat http://www.ottawaplus.ca/portal/profile.do?profileID=45602. Lorsqu’est venu le temps de commander, j’ai été ébahie de lire le menu et de ne pas avoir à me soucier de savoir si ce que j’allais commander serait végétarien. C’est soulageant!
Hier soir, samedi le 17 mars, jour de la Saint-Patrick, Kyle et moi avons été souper au Spirit Lounge http://grimaldi.branchez-vous.com/gastronomiques/vege/6.html. Si vous allez lire la description, vous allez comprendre que c’était quelque chose!
Ce soir, dimanche le 18 mars, Elizabeth Fraser avait invité tous les membres et sympatisants de McGill Durable (Sustainable McGill) à un repas-partage (potluck) à la Coop sur Généreux. C’était la première fois que je mettais les pieds dans une coopérative d’habitation. C’est tout un autre monde! D’abord, les gens se fournissent en bouffe en fouillant dans les poubelles des marchés d’alimentation: je traduirais l’expression dumpster diving par de la récupération alimentaire. Lorsque les dates d’expirations sont passées, les épiceries et autres fournisseurs de nourriture jettent tout bonnement les restants à la poubelle, plutôt que de la donner à des refuges alimentaires. Certains étudiants en sont conscients et font le tour des poubelles de leur quartier avec leur sac à dos, à vélo ou plus rarement en auto pour s’approvisionner en bouffe gratuite! C’est d’ailleurs la source principale de nourriture de la Cuisine de minuit (Midnight Kitchen). Dans cette coop, les gens se servent eux-même, le mode de vie vert (eau grise pour les toilettes, détecteurs de mouvement pour la lumière dans les escalier, cuisine commune énorme, etc.) prime. Les mets préparés sont végétaliens par défaut… quelle merveilleuse sensation d’inclusivité!

Avec mon expérience végétalienne et francophone à McGill, je sais maintenant ce que c’est d’être une minorité!